L'armée sri lankaise a tué de sang froid des dirigeants des Tigres tamouls au moment où ils se rendaient sur ordre du ministre de la Défense, a accusé dimanche l'ancien chef d'état-major et candidat à la présidentielle, le général Sarath Fonseka.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon lui, le ministre Gotabhaya Rajapakse, frère de l'actuel président, a donné des instructions aux commandants sur le terrain de ne pas faire de prisonniers dans les jours qui ont précédé en mai la débâcle des séparatistes tamouls et leur reddition.

«Gotabhaya Rajapakse a parlé directement avec le (commandant) Shavendra Silva et lui a dit de ne pas prendre de dirigeants du LTTE (Tigres de libération de l'Eelam tamoul) qui se rendraient et qu'ils devaient tous être tués», a déclaré le général Fonseka à des journalistes en marge d'un congrès de partis politiques d'opposition.

Le général Fonseka est considéré comme l'artisan de la victoire contre les Tigres tamouls en mai avant sa démission de l'armée.

Un porte-parole de l'armée srilankaise, Udaya Nanayakkara, a refusé de commenter les déclarations du général.

Le gouvernement a déjà nié avoir ordonné à ses troupes de tuer le dirigeant de l'aile politique des Tigres B. Nadesan, ainsi qu'un autre haut responsable S. Puleedevan.

Le fondateur du mouvement, Velupillai Prabhakaran, a été tué lors des combats et son corps montré à la télévision.

En mai, le Sri Lanka avait proclamé sa victoire militaire contre la rébellion tamoule en s'emparant de leur dernière poche dans le nord-est de l'île, mettant fin à 37 années de conflit qui ont fait de 80. 000 à 100 000 morts.