L'ancien juge français Jean-Louis Bruguière, spécialisé pendant 25 ans dans l'antiterrorisme, a estimé que la situation au Pakistan, «un chaudron», était devenue alarmante et que le Japon était désormais une cible d'Al-Qaeda.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le Japon est devenu une cible prioritaire d'Al-Qaeda et je l'ai prouvé par des enquêtes que j'ai effectuées», a déclaré le juge lors d'un entretien informel jeudi soir avec des journalistes à l'occasion de la sortie de ses «mémoires», «Ce que je n'ai pas pu dire» (Editions Robert Laffont). Il affirme avoir alerté le Japon de ces «menaces», comme il avait, dit-il, alerté les États-Unis de la menace pesant sur eux «avant» les attentats du 11 septembre 2001.

Jean-Louis Bruguière considère que le Japon est menacé à cause «de sa situation géographique» et «surtout en raison d'une communauté pakistanaise très importante sur son sol». Le pays est «fragile d'un point de vue sécuritaire» pour faire face à cette menace, ajoute-t-il.

«Le danger à l'heure actuelle, c'est le Pakistan», précise Jean-Louis Bruguière, qualifiant le pays de «chaudron» et mettant en cause à cet égard l'ex-président Pervez Musharraf.

Dans son livre, le magistrat de 65 ans, aujourd'hui en retraite, affirme que M. Musharraf a été «incapable de contenir la menace terroriste» et que des «instructeurs» de camps militaires du Lashkar-e-Taïba (LeT - organisation islamiste radicale), sur la foi d'un dossier qu'il a instruit en 2003, étaient «en réalité des militaires de l'armée régulière».