L'Assemblée générale de l'ONU a adopté mardi à la quasi-unanimité et pour la vingtième année consécutive une résolution condamnant l'embargo américain imposé à Cuba. Le texte a été adopté par 186 voix pour, deux contre (les États-Unis et leur allié Israël) et trois abstentions (Micronésie, Palau et Iles Marshall).

Mis à jour le 25 oct. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Lors d'un discours devant l'Assemblée générale, le ministre des Affaires étrangères cubain Bruno Rodriguez a accusé l'administration américaine d'avoir intensifié ces dernières années les restrictions imposées à son pays, pour ce qui relève du commerce et des relations économiques.

Le vote de mardi, a-t-il dit, souligne «l'isolement embarrassant d'un pays agresseur (les États-Unis, NDLR) et la résistance héroïque d'un peuple qui refuse de renoncer à ses droits souverains».

Appliqué depuis février 1962, l'embargo américain contre Cuba interdit l'importation par l'île de tout produit contenant des éléments d'origine américaine, même via des pays tiers, qui encourent aussi des sanctions.

Selon M. Rodriguez l'embargo a coûté jusqu'ici plus de 975 milliards de dollars à Cuba.

Un diplomate américain à l'ONU, Ron Godard, a pour sa part estimé que ce vote annuel risquait «d'occulter quelques vérités fondamentales» au sujet de Cuba, comme le fait, a-t-il dit, que l'attitude du régime cubain constitue au bout du compte «le plus grand obstacle» à ses intérêts économiques.

L'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine a déclaré quant à lui que les États-Unis menaient une politique «d'étranglement économique» et appelé à «l'annulation, le plus rapidement possible, de ces pratiques anticubaines absurdes qui vont à l'encontre des réalités internationales».

Le leader cubain Fidel Castro avait estimé avant le vote que la résolution de l'Assemblée générale démontrerait «une fois de plus la nécessité de mettre fin, non seulement au blocus, mais aussi au système qui engendre l'injustice sur notre planète, dilapide les ressources naturelles et met en danger la survie de l'homme», selon la deuxième partie d'une des «réflexions» qu'il publie régulièrement dans la presse officielle cubaine.

Le président américain Barack Obama avait affirmé fin septembre qu'il était disposé à changer de politique envers Cuba, pour autant que le régime castriste fasse preuve de son intention de «donner la liberté à son peuple», une offre aussitôt rejetée par La Havane.

M. Obama a procédé en janvier à une libéralisation des autorisations de voyage d'Américains à Cuba pour des motifs universitaires, culturels, religieux ou sportifs.