L'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, de retour dans son pays après 25 ans d'exil, s'est attribué le mérite, dans un entretien télévisé, d'avoir «lancé» le processus démocratique en Haïti, estimant que ceux qui le qualifient de tyran souffrent d'«amnésie».

AGENCE FRANCE-PRESSE

«C'est moi qui ai lancé le processus démocratique. Lorsque l'on me traite de tyran, ça me fait rire, parce que les gens souffrent d'amnésie, ils ont oublié dans quelles conditions je suis parti d'Haïti», a déclaré M. Duvalier, dans un entretien à la chaîne hispanophone Univision diffusé aux États-Unis.

«Baby Doc» n'a pas souhaité en revanche, dans cette interview diffusée mardi, aborder la question des «tontons macoutes», la milice privée mise en place par son père François Duvalier, «Papa Doc», et accusée des pires crimes pendant les 29 ans de régime des Duvalier.

Moins de 48 heures après son retour en Haïti le 16 janvier, Jean-Claude Duvalier a été inculpé de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs et plusieurs plaintes ont été déposées contre lui pour violations des droits de l'homme et crimes contre l'humanité.

«La justice fera ce qu'elle doit faire pour répondre à ces accusations», a simplement commenté indiqué l'ancien dictateur, revenu en Haïti à la surprise générale, alors que le pays traverse une grave crise politique née de la contestation des résultats préliminaires du premier tour de la présidentielle du 28 novembre.

L'ancien dictateur a par ailleurs affirmé que les avoirs haïtiens gelés sur des comptes en Suisse n'étaient pas à lui, ajoutant qu'ils devraient être consacrés à la reconstruction d'Haïti.

Le gouvernement suisse a franchi mercredi une nouvelle étape vers une restitution de cet argent à Haïti, en lançant formellement une demande de confiscation auprès de son ministère des Finances.

Depuis 1986, la Suisse bloque de manière continue quelque 6 millions de francs suisses (6,3 millions $CAN) qu'elle estime être propriété de «Baby Doc».