L'ex-présidente du Chili Michelle Bachelet, connue pour son charisme politique, a été nommée mardi à la tête de la nouvelle structure de l'ONU chargée d'accélérer l'amélioration de la condition et des droits des femmes dans le monde, «ONU Femmes».

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a loué «le dynamisme» et «les qualités politiques» de Mme Bachelet, ainsi que «sa capacité hors du commun à créer le consensus».

Ban Ki-moon a indiqué lors de l'annonce qu'il voulait que la nouvelle agence soit «une entité puissante, dynamique et efficace». Mme Bachelet peut faire de cette agence «une force réelle», a-t-il dit.

«Je suis sûr que sous sa direction forte, nous pouvons améliorer la vie de millions de femmes et filles à travers le monde», a ajouté M. Ban lors d'une conférence de presse.

Mme Bachelet a quitté en mars la présidence du Chili dont elle a été l'un des chefs d'État les plus populaires. Au moment de quitter le pouvoir, elle jouissait d'une cote de popularité de 84%.

Elle faisait partie des 26 candidates pour prendre la tête de cette nouvelle organisation. Une «short-list» de trois personnes avait émergé, dont Mme Bachelet, chacune des trois ayant passé un entretien personnel avec M. Ban.

Mme Bachelet, 58 ans, une socialiste modérée, aura grade de secrétaire général adjoint, sous l'autorité de Ban Ki-moon.

«La création d'ONU Femmes est le résultat de presque quatre ans d'efforts. L'annonce de ce jour a été rendue possible par les efforts des États membres et des nombreuses parties» impliquées, a encore souligné M. Ban.

«Cela a été une priorité élevée et très personnelle et je tire dès lors une satisfaction spéciale de cette nomination», a-t-il souligné, ajoutant que la création de cette entité avait été une priorité pour lui depuis le début de son mandat en 2007.

ONU Femmes, instaurée début juillet, dispose de forts pouvoirs pour accélérer l'amélioration de la condition des femmes et des filles dans le monde.

L'Assemblée générale, où siègent les 192 États membres des Nations unies, avait adopté à l'unanimité une résolution portant création de cette «Entité de l'ONU pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes».

Sa mise en place est le résultat de longues négociations entre États membres et de l'action des groupes militant pour la cause des femmes à travers le monde.

L'Assemblée avait accepté en septembre dernier le principe de cette entité et avait chargé le secrétariat de l'ONU d'en étudier les modalités pratiques, notamment budgétaires, avant d'approuver formellement sa création.

ONU Femmes, qui doit commencer à fonctionner le 1er janvier 2011, rassemble sous sa coupe les activités de plusieurs organes déjà existants concernant les droits des femmes.

Ainsi la Division pour l'avancement des femmes (DAW), fondée en 1946, l'Institut international de recherche et de formation pour l'avancement des femmes (Instraw, 1976), le Fonds de développement des Nations unies pour les femmes (Unifem, 1976) et le Bureau du conseiller spécial pour la parité des sexes et la promotion des femmes (Osagi, 1997) seront fusionnés dans la nouvelle entité.

Les diplomates soulignent que Mme Bachelet, qui avait été approchée pour prendre le poste, avait dans un premier temps été réticente. Elle prend là des responsabilités importantes, l'ONU reconnaissant régulièrement que les «inégalités entre les sexes demeurent profondément enracinées dans toutes les sociétés» à travers le monde.