Les autorités cubaines ont diffusé mardi des photos de Fidel Castro en compagnie d'un correspondant d'un magazine américain et d'une analyste politique de Washington, tandis qu'un journal mexicain a publié une entrevue dans laquelle le leader révolutionnaire exprime des regrets pour la persécution des homosexuels à Cuba dans les années 1960 et 1970.

Will Weissert ASSOCIATED PRESS

Les images montrent Fidel Castro avec le journaliste Jeffrey Goldberg, du magazine The Atlantic, et Julia E. Sweig, du Council on Foreign Relations, lors d'une visite, lundi, à l'aquarium de La Havane.

Jeffrey Goldberg est le correspondant national de The Atlantic et il a souvent écrit sur le Moyen-Orient et l'Iran. Les médias officiels cubains ont rapporté que M. Goldberg et Mme Sweig ont interviewé Fidel Castro, sans préciser ce qui a été dit.

Depuis des mois, Fidel Castro met en garde contre une guerre nucléaire qui opposerait les États-Unis et Israël à l'Iran, et qui impliquerait une attaque contre la Corée du Nord. Il a même dit qu'il s'attendait à ce que les affrontements commencent plus tôt cet été, mais a depuis affirmé que ces prédictions pourraient avoir été prématurées.

Le Council on Foreign Relations est un groupe de réflexion non partisan qui a des bureaux à New York et à Washington. Mme Sweig est une spécialiste de longue date des relations américano-cubaines.

Le journal mexicain La Jornada a aussi publié, mardi, une entrevue dans laquelle Fidel Castro affirme que les autorités cubaines ont eu tort d'envoyer des gais et lesbiennes dans des camps de travail dans les premières années de son gouvernement.

«C'était des moments de grande injustice, de grande injustice!», a dit l'ancien président cubain, cité par le journal.

Dans les années 1960 et au début des années 1970, les autorités cubaines ont congédié les homosexuels de la fonction publique, les ont envoyés en prison ou dans des camps de travail.

«Oui, nous l'avons fait», a dit Castro à La Jornada, ajoutant qu'il tentait de limiter sa responsabilité dans ces événements parce que lui-même n'avait pas ces préjugés.

Questionné à savoir si le Parti communiste ou d'autres entités étaient responsables de ce qui s'est passé, Fidel Castro a répondu: «Non, s'il y a une personne responsable, c'est moi».

Il a expliqué qu'il était trop occupé à gérer les événements de l'époque, comme la crise des missiles de 1962, pour mettre un frein à ce qui était en train de se passer. «Nous avions tellement de problèmes graves, des problèmes de vie ou de mort, que nous n'avons pas prêté suffisamment attention» au sort des homosexuels, a-t-il dit.

Les campagnes médiatiques du gouvernement cubain condamnent désormais l'homophobie, et l'État a même déjà payé pour quelques opérations de changement de sexe de personnes transsexuelles.

La nièce de Fidel Castro, Mariela, fille du président Raul Castro, est par ailleurs une leader de premier plan dans la défense des droits des gais et lesbiennes à Cuba.