La jeunesse égyptienne, soit 22% de la population, est réprimée par les autorités qui l'empêchent de participer à la vie politique, accusent les Nations unies dans un rapport publié dimanche.

Mis à jour le 27 juin 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il devrait y avoir une marge de liberté et moins de censure», déclare le rapport 2010 de l'ONU sur le développement humain en Egypte.

«Les blogueurs ne devraient pas être arrêtés, ce qui aiderait les jeunes à participer à la vie publique», ajoute le rapport.

L'ONU critique également «l'absence de canaux par lesquels les jeunes pourraient exprimer leurs opinions divergentes ou solutions aux problèmes sociaux».

Le rapport, publié peu après des manifestations de protestation contre la mort d'un jeune utilisateur d'internet qui aurait été battu à mort par la police, se penche sur les Egyptiens âgés de 18 à 29 ans, soit 22% des 80 millions d'habitants.

L'ONU juge aussi que l'Egypte doit améliorer le système éducatif et le rendre plus accessible, en particulier pour les jeunes dont les familles ont les plus bas revenus. Entre 80 et 82% des filles des familles pauvres n'ont aucun accès à l'éducation, ajoute le rapport.

L'Egypte a connu ces derniers temps de nombreuses manifestations à la suite du décès le 6 juin de Khaled Mohamed Saïd, un Egyptien de 28 ans traîné selon des témoins hors d'un café internet par des policiers en civil.

La diffusion sur internet d'images difficilement soutenables d'un visage sans vie couvert de plaies -présenté comme celui du jeune homme après avoir été violemment frappé- a fait de ce décès un symbole de la brutalité policière.

Les autorités affirment que le décès est dû à une ingestion de produits stupéfiants.