La crise alimentaire «ne fait que commencer» au Niger, a averti lundi John Holmes, secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des affaires humanitaires, au premier jour d'une visite dans ce pays du Sahel frappé par la sécheresse, insistant sur la nécessité de l'aide internationale.

Mis à jour le 26 avr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Holmes, qui dirige le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), a démarré à Niamey une visite de trois jours au Niger, où, a-t-il dit, 7,8 millions d'habitants sont en «état d'insécurité alimentaire», sur quelque 10 millions de personnes «touchées» par la crise au Sahel.

Après des rencontres avec la coordinatrice humanitaire du Système des Nations unies au Niger et les partenaires humanitaires, il s'est entretenu avec le premier ministre de transition, Mahamadou Danda, puis le dirigeant de la junte au pouvoir depuis le 18 février, le chef d'escadron Salou Djibo.

«Nous avons parlé de la coopération qui est très nécessaire entre la communauté internationale et le gouvernement du Niger pour faire face au défi de cette crise alimentaire. Je pense que nous avons trouvé un bon accord», a-t-il dit à la presse après son entretien avec le chef de la junte.

«Le gouvernement a accepté dès le départ la réalité de cette crise, a voulu coopérer avec les institutions internationales très étroitement» et «le chef de l'État m'a juré que ça va continuer comme ça», a ajouté M. Holmes.

«Nous essayons de faire la collecte des ressources financières nécessaires. Nous avons lancé un appel pour avoir encore 130 millions de dollars pour les mois à venir, parce que nous savons bien que cette crise ne fait que commencer», a-t-il dit.

La période de soudure (juin-octobre) qui sépare les deux récoltes est traditionnellement délicate dans ce pays pauvre du Sahel et pourrait s'avérer dévastatrice avec la crise actuelle, engendrée notamment par la sécheresse ayant affecté les récoltes.