Éradiquer le sida d'ici dix ans: tel est l'objectif proclamé mercredi par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon devant une trentaine de chefs d'État réunis en sommet à New York pour faire le point sur la pandémie.

Pierre-Antoine Donnet AGENCE FRANCE-PRESSE

«Aujourd'hui, nous nous réunissons pour mettre fin au sida. C'est notre objectif: la fin du sida d'ici dix ans, zéro nouvelle infection, zéro traumatisme et zéro mort liée au sida», a lancé M. Ban en ouvrant le sommet.

«Mais si nous voulons reléguer le sida aux livres d'histoire, nous devons être audacieux», a-t-il ajouté.

Trente ans après la découverte du virus de l'immunodéficience humaine (VIH), les Nations unies tiennent pour trois jours un sommet au terme duquel seront redéfinis les engagements de la communauté internationale contre cette épidémie qui contamine encore 7000 personnes par jour malgré les progrès enregistrés.

Le sommet doit décider du nombre de personnes qui pourront bénéficier d'un traitement et des financements. Cette dernière question fait l'objet d'âpres négociations.

Le chef de l'ONU a expliqué que l'un des objectifs premiers était de permettre à tous les malades de bénéficier d'un traitement. M. Ban a par ailleurs insisté sur la nécessité de révolutionner les campagnes de prévention en utilisant les nouvelles technologies de communication.

«Aujourd'hui, la nature du défi a changé», a-t-il insisté. «La réunion historique d'aujourd'hui est un appel à l'action».

Ban Ki-moon a affirmé que tous les partenaires devaient travailler ensemble et faire preuve de solidarité «comme jamais auparavant».

Le président de l'Assemblée générale de l'ONU, le Suisse Joseph Deiss, a souligné que le nombre de malades traités avait été multiplié par dix depuis cinq ans. «Le nombre de nouvelles infections est clairement en baisse», a-t-il dit. «Mais en raison des coûts, 10 millions de personnes n'ont pas de traitement».

Michel Sidibé, chef de l'ONUSIDA, a précisé que 6,6 millions de personnes recevaient actuellement un traitement dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires.

Soixante-six pays ont réussi à stabiliser la maladie, mais 1,8 million de personnes meurent encore du sida chaque année dans le monde en développement.

«Il est temps de se mettre d'accord sur un programme pour mettre fin à l'épidémie, zéro mort liée au sida, zéro infection, zéro discrimination», a-t-il affirmé.

Mathilde Krim, de la Fondation pour la recherche sur le sida, a expliqué que personne n'aurait pu prédire la tragédie à venir il y a trente ans. Depuis, 25 millions de personnes sont mortes du sida et 33 millions d'autres vivent avec le virus.

Mais malgré les progrès enregistrés, Mme Krim n'a pas caché que le combat n'était pas gagné. «Nous perdons encore du terrain face au VIH. Il y a davantage d'infections que de personnes mises sous traitement», a-t-elle dit.

Le président rwandais Paul Kagamé a rappelé que l'Afrique était la première cible du sida, même si le taux d'infection est désormais en recul. «La prévention marche, les traitements sauvent des vies», a-t-il dit.

En Afrique, il y avait 2,2 millions d'infections en 2001, chiffre qui a été ramené à 1,8 million en 2009, a-t-il souligné.

Ali Bongo, son homologue gabonais, a estimé que les ressources actuellement allouées à l'Afrique demeuraient «insuffisantes au regard de l'ampleur des effets du VIH/sida sur le continent».