Israël s'est plaint auprès des Nations unies pour avoir autorisé la présentation dans ses murs la première aux États-Unis d'un film sur le conflit israélo-palestinien.

Publié le 14 mars 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Une présentation de «Miral» du metteur en scène juif américain Julian Schnabel devait avoir lieu lundi soir dans le hall de l'Assemblée générale de l'ONU.

Le film est basé sur un roman autobiographique de la journaliste palestinienne Rula Jebreal qui retrace le conflit israélo-arabe après 1948 avec une perspective palestinienne. Le premier rôle est joué par l'actrice indienne Freida Pinto qui a joué dans «Slumdog Millionaire».

«C'est clairement une décision politique de l'ONU, une décision qui montre un mauvais jugement et un manque d'équilibre», a souligné la mission israélienne à l'ONU dans d'une déclaration qui appelle le président de l'Assemblée générale, Joseph Deiss, à ne pas accueillir cet événement au siège de l'ONU.

Le porte-parole de l'Assemblée générale, Jean-Victor Nkolo, a nié qu'il y ait un «lien politique» avec le film, une coproduction française, israélienne, italienne et indienne. «C'est juste une séance», a-t-il dit. «Plusieurs films ont été montrés à l'ONU».

Mais Haïm Waxman, ambassadeur adjoint israélien, a souligné: «Nous ne connaissons pas d'autre film avec un tel contenu politique controversé qui ait recu une telle adhésion du président de l'Assemblée générale».

En réalité, la première de Miral a lieu alors que l'ONU a renforcé récemment sa condamnation de la reprise de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens qui, selon les Palestiniens, empêche la reprise des négociations de paix.

Julian Schnabel a remporté le prix de la mise en scène au festival de Cannes en 2007 pour son film «Le Scaphandre et le Papillon».

M. Schnabel de même que Rula Jebreal et des acteurs du film seront à la première du film, tourné en Israël et en Cisjordanie.

«Evidement c'est une histoire palestinienne, mais il est très important qu'une personne juive américaine raconte une histoire palestinienne», avait dit M. Schnaebel, 58 ans, à l'AFP l'an dernier avant que «Miral» ne soit montré au festival de Venise.

Comme Rula Jebreal, Miral a grandi dans un orphelinat à Jérusalem-Est créé par une riche famille palestinienne qui, un matin de 1948, avait rencontré 55 enfants échappés d'un village envahi par des militants juifs radicaux.

Le film retrace la vie de deux femmes -- Miral et la fondatrice de l'orphelinat -- jusqu'aux accords de paix d'Oslo en 1993.

«Tout est parce que je suis un juif américain, et c'est pourquoi cela m'a touché, parce que c'est une grande partie de ma vie», a indiqué M. Schnabel.

«Il est important pour les musulmans d'entendre cela, il est important pour le peuple juif d'entendre cela, et pour Israël et pour les gens partout», a-t-il ajouté.