Le président français Nicolas Sarkozy a prôné lundi une nouvelle gouvernance mondiale renforçant le rôle de l'Organisation internationale du travail (OIT) face aux institutions financières telles le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale ou l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Mis à jour le 15 juin 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Bâtissons ensemble cette nouvelle gouvernance mondiale pour que l'OIT puisse avoir son mot à dire auprès de l'OMC, du FMI et de la Banque mondiale», a expliqué M. Sarkozy lors d'un mini-sommet sur l'emploi organisé à Genève par l'OIT.

Le chef de l'État a défendu devant les 183 membres de l'organisation une «révolution» qui permettrait de rendre «obligatoires» les normes votées par l'OIT.

«Une norme qui n'est pas obligatoire n'est pas une norme, c'est comme une feuille qui s'envole dans le vent», a-t-il insisté sous une nuée d'applaudissements.

«La communauté internationale ne peut pas être schizophrène et ignorer à l'OMC ou dans les institutions de Bretton Woods ce qu'elle promeut à l'OIT», a poursuivi M. Sarkozy.

Pour contrôler l'application de ces normes, il a proposé que l'OIT puisse être «obligatoirement saisie» sur les questions de travail dans le cadre de règlement de contentieux internationaux, «notamment les litiges commerciaux».

Le raisonnement s'applique également au FMI qui pourrait de son côté intervenir sur des «questions de dumping monétaire».

Au delà des questions de contentieux, le président français s'en est vivement pris à l'OMC, estimant que l'organisation régissant les règles du commerce mondial ne pouvait «être seule à décider de tout».

«Chaque institution spécialisée doit avoir sa part dans la définition des normes internationales», a-t-il expliqué.

Enfin le président français, qui a assuré que la France mettrait toute son énergie à lutter contre le protectionnisme, a réclamé «une conditionnalité environnementale» et «sociale» pour les grandes institutions financières.

«Il n'est quand même pas normal que le FMI ou la Banque mondiale viennent au secours d'un pays sans que l'on puisse lui demander de respecter des règles élémentaires en matière d'environnement, de droit du travail ou de santé publique».