Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, tous dotés de l'arme atomique, se sont de nouveau engagés vendredi à oeuvrer au désarmement nucléaire et à renforcer le Traité de non-prolifération (TNP), à un an d'une conférence cruciale pour son avenir.

Hervé Couturier AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nos délégations réitèrent leur engagement durable et sans équivoque à oeuvrer au désarmement nucléaire, qui est une obligation commune à tous les Etats parties au TNP», ont déclaré les cinq pays (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) dans un communiqué commun.

Ce texte a été publié à l'issue d'une session préparatoire à une conférence de révision du TNP prévue en mai 2010 à New York.

Les «cinq» s'engagent à «faire des propositions visant à développer l'usage pacifique de l'énergie nucléaire tout en réduisant les risques de prolifération.»

Ils se réjouissent de la décision des Etats-Unis et de la Russie de négocier un accord pour remplacer leur Traité sur la réduction des armements stratégiques (Start) de 1991. Ces négociations commencent lundi à Moscou.

Ils saluent également «l'accent mis récemment sur de nouvelles mesures, dont la promotion de l'entrée en vigueur du Traité d'interdiction des essais nucléaires (CTBT) et la négociation d'un Traité sur l'arrêt de l'enrichissement des matières fissiles à la Conférence sur le désarmement» qui reprend lundi à Genève.

Cette session préparatoire de deux semaines visait à établir des procédures de travail pour la conférence de l'an prochain. Elle est parvenue à un accord sur l'ordre du jour et à un programme de travail «ambitieux», a indiqué son président, l'ambassadeur du Zimbabwe Boniface Chidyausiku.

«C'est un bon présage», a-t-il dit à la presse, soulignant qu'en 2010 il sera important «d'équilibrer les trois piliers du TNP: désarmement, non-prolifération et usage pacifique de l'atome».

Un responsable américain, sous couvert de l'anonymat, a lui aussi affirmé cette nécessité d'une «approche équilibrée» entre ces trois piliers, clé d'un succès en 2010.

Le chef de la délégation française, Eric Danon, a jugé la session positive. Elle a donné lieu à «des débats de substance très intéressants», permettant de «mesurer combien le monde change», a-t-il dit.

«L'esprit que l'on sent souffler sur les affaires du monde depuis quelques temps se traduit dans le multilatéral et dans le domaine nucléaire», a-t-il dit. Il faisait allusion au ton nouveau imprimé par le président américain Barack Obama dans les forums internationaux et à son discours de Prague sur le nucléaire le 5 avril.

M. Obama avait alors présenté un grand dessein pour la maîtrise de l'atome militaire pour les années à venir: réduction des stocks, arrêt complet des essais et lutte contre la prolifération. Il avait promis de militer pour la ratification par le Sénat américain du CTBT et de négocier le traité sur l'arrêt de l'enrichissement.

La précédente conférence de révision entre Etats parties, visant à revigorer un TNP jugé obsolète, avait été un fiasco en mai 2005, en partie parce qu'elle avait dû consacrer du temps à l'adoption d'un ordre du jour.

Les puissances nucléaires avaient insisté sur la non-prolifération tandis que les non-nucléaires exigeaient d'abord un effort de désarmement, résultant en un dialogue de sourds.

Ces conférences se tiennent tous les cinq ans depuis l'adoption du TNP en 1970.

Le TNP compte 189 pays signataires. Israël, qui est considéré comme possédant l'arme nucléaire mais ne l'a jamais admis publiquement, n'en fait pas partie. L'Inde et le Pakistan, qui sont dotés de l'arme atomique, ne l'ont pas signé non plus. La Corée du Nord a quitté le traité en 2003.