Un groupe international d'experts scientifiques a appelé cette semaine les dirigeants politiques et autochtones du Canada à préserver les millions de lacs et rivières de sa forêt boréale, dont l'eau joue un rôle primordial pour la glace de l'océan Arctique.

Publié le 19 mars 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le Canada doit limiter toutes les activités industrielles importantes risquant d'affecter la vie de cette forêt, déclarent-ils dans une lettre ouverte fondée sur une étude de l'organisation de défense de l'environnement Pew Environment Group.

Les forêts boréales du Canada abritent plus d'eau douce pure non gelée que n'importe quel autre écosystème du monde, indique cette étude, selon laquelle la surface de leurs lacs et rivières totalise près de 800 000 km2.

«Quand vous regardez une carte en couleur des réserves d'eau douce pure du monde (marquées en bleu), vous êtes frappé de voir tout le bleu au Canada», a dit à l'AFP le principal auteur de l'étude Jeffrey Wells.

En effet, selon les chiffres cités, la forêt boréale canadienne abrite un quart des terres humides de la planète, la moitié des lacs de plus d'un kilomètre carré, cinq des 50 plus grandes rivières ou fleuves et le plus grand réservoir d'eau pure, le Grand Lac de l'Ours.

Maintenir la libre circulation de leurs eaux qui affluent dans l'Arctique est primordial pour la formation des glaces sur cet océan, car l'apport d'eau douce permet un gel plus rapide. Un gel plus lent ou son absence contribueraient au réchauffement planétaire.

Mais l'industrie forestière, gazière et pétrolière, les mines et la construction de barrages, produisent des effets néfastes sur la quantité et la qualité de ces eaux et sur les écosystèmes qui en dépendent, mettent en garde les auteurs de l'étude.

Les surfaces de la forêt boréale touchées actuellement par des activités humaines totalisent 728 000 km2, relève encore l'étude.

Ses auteurs jugent insuffisantes les mesures prises jusqu'à présent, qui préservent 748 000 km2, soit 12% de la surface de la forêt boréale. Ils pensent que les zones protégées devraient permettre de laisser 50% de celle-ci intacte.