Les nuages pourraient augmenter de moitié l'impact de l'effet de serre, selon une nouvelle étude américaine parue dans la revue Science. Son auteur, un chercheur de l'Université A&M au Texas, estime avoir enlevé «la principale incertitude» entourant le réchauffement de la planète.

Mathieu Perreault LA PRESSE

«La plupart des modèles prédisaient que les nuages accentueraient le réchauffement de la planète, mais deux études ont plutôt affirmé qu'ils l'atténueraient», explique Andrew Dessler, en entrevue depuis College Station, au Texas. «Les nuages reflètent les rayons du Soleil, mais emprisonnent aussi la chaleur. J'ai profité d'un nouveau satellite pour voir qui avait raison. Selon mes calculs, les nuages auront un effet au mieux nul. Au pire, ils augmenteront le réchauffement d'un degré d'ici 2100. C'est une différence de 50%.»

Le climatologue texan a utilisé les variations de température liées à El Niño et La Niña, durant la première décennie du millénaire, comme approximation du réchauffement. Le satellite Terra de la NASA comporte un instrument, CERES, qui mesure la quantité d'énergie qui entre et qui sort de l'atmosphère terrestre, permettant à M. Dessler de quantifier l'impact des nuages.

L'auteur de l'une des deux études affirmant que les nuages vont contrecarrer le réchauffement, Roy Spencer de l'Université de l'Alabama, a fait une conférence de presse à Cancún pour dénoncer la nouvelle étude de M. Dessler. Selon ce dernier, M. Spencer se base sur un modèle iconoclaste d'El Niño et de La Niña pour réfuter l'étude de Science.

Avant de se pencher sur les nuages, Andrew Dessler a analysé l'impact d'un autre facteur, la vapeur d'eau, sur le réchauffement. «J'ai montré qu'elle accentuerait aussi l'effet de serre, dit M. Dessler. Alors je me suis tourné vers une autre incertitude, celle des nuages. Je veux maintenant utiliser mes résultats pour voir quels modèles climatologiques de nuages sont les plus précis.»