Les coupes forestières et les activités minières seront permises dans la zone que le gouvernement Charest affirme vouloir mettre à l'abri des «activités industrielles», ce que dénoncent vivement les groupes écologistes.

Mis à jour le 7 oct. 2011
Charles Côté LA PRESSE

Ils promettent de contrer la campagne internationale en faveur du Plan Nord du premier ministre Jean Charest en l'accusant de fausse représentation.

Hier, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), Pierre Arcand, poursuivait à Montréal sa tournée de consultation au sujet de l'objectif réaffirmé de «consacrer 50% du territoire du Plan Nord à des activités de développement non industriel».

Léopold Gaudreau, sous-ministre au MDDEP, a cependant confirmé que la foresterie sera permise sur la plus grande partie de ces 50%. «Sur la foresterie, il y a un grand consensus que c'est une activité qui protège la biodiversité, quand elle est soumise à des règles strictes», a-t-il dit.

Après avoir accueilli avec enthousiasme le volet conservation du Plan Nord, les écologistes déchantent donc complètement.

«C'est de la poudre aux yeux», affirme Christian Simard, de Nature Québec.

«C'est de la désinformation totale, affirme de son côté Nicolas Mainville, de Greenpeace. Aucune aire protégée ne doit permettre une activité industrielle. Nos collègues en Europe demandent comment Jean Charest va expliquer qu'il va permettre les coupes forestières dans de supposées aires protégées.»

Les écologistes raillent aussi les «réserves de capitale nature», l'appellation retenue par le MDDEP pour désigner des zones vouées à la conservation où la foresterie serait permise et où des mines pourraient apparaître. «Pour nous, ça ne correspond pas aux normes de conservation et on va alerter l'Union mondiale de conservation de la nature», a dit M. Simard.

«Loin d'être ambitieux»

«Les réserves de capital nature visent le maintien de la biodiversité, a assuré pour sa part Patrick Beauchesne, directeur du Patrimoine écologique et des Parcs au MDDEP. Lorsqu'il y aura une RCN de 1000 km2 et qu'il y aura un projet de mine sur 5 km2, ce serait sur une fraction de territoire.» M. Arcand a fait écho à cette éventualité hier. «Si on déclare une aire protégée et qu'on découvre une mine de diamants, qu'est-ce qu'on fait avec ça?», a-t-il dit.

Le Plan Nord concerne l'avenir du territoire au nord du 49e parallèle. Actuellement, 9,7% de ce territoire est protégé. «Tout ce qu'on promet, en fait, c'est d'atteindre 12% de protection d'ici 2015, dit M. Simard. C'est loin d'être ambitieux, alors que les publicités parlent de protéger 50% du territoire.»

«L'engagement de 12% date de 1992, a noté pour sa part M. Mainville. Le plan de conservation du Plan Nord ne tient pas la route. Il change la définition même de la conservation. C'est un recul. Il faut un gel du Plan Nord.»