Le Parti québécois tente une stratégie de dernier recours contre le gaz de schiste. Il demande au gouvernement Charest d'amender son projet de loi 14 sur les mines pour interdire la fracturation hydraulique. «On est en état d'urgence. Il faut absolument apporter des changements à cette loi-là», a plaidé Bernard Drainville mercredi.

Paul Journet LA PRESSE

Le gouvernement a déjà annoncé qu'il déposera son projet de loi sur les hydrocarbures d'ici trois à cinq ans. On indique qu'il faut entre autres attendre les résultats de l'étude environnementale stratégique (EES), commandée l'hiver dernier à la suite du rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement à propos du gaz de schiste. Cette étude devrait être terminée dans environ un an.

Or, d'ici au dépôt du projet de loi sur les hydrocarbures, de nouvelles fracturations pourraient être faites. Voilà «l'urgence» qu'invoque le PQ.

Selon le ministre délégué aux Mines, Serge Simard, il s'agit plutôt d'une «stratégie de diversion». Il accuse l'opposition de retarder l'adoption de son projet de loi en essayant d'y inclure d'autres sujets. Et il conteste leur logique. «Avant de faire l'opération, il faut avoir le bon diagnostic», affirme-t-il, en allusion à l'EES.

Le PQ demande aussi qu'on ajoute un autre amendement au projet de loi 14 pour bonifier les redevances. Lors de leur congrès en octobre, les militants libéraux ont adopté un amendement pour que le gouvernement change son régime de redevances, en calculant à partir de la valeur nette des ressources, avec des indices planchers. Mais le ministre Simard et le ministre des Finances, Raymond Bachand, s'y opposent.