La controverse autour de la composition du comité qui pilotera l'évaluation environnementale stratégique sur le gaz de schiste a poussé Québec à y nommer hier l'écologiste François Tanguay.

Mis à jour le 11 août 2011
Tommy Chouinard LA PRESSE

Cette nomination survient à la suite du départ du PDG de Junex, Jean Lavoie, qui a quitté le comité fin juin «pour ne pas nuire à la crédibilité» de l'étude.

Les groupes environnementalistes avaient déploré qu'aucun des leurs ne fasse partie du comité. Québec a finalement accepté la proposition d'Équiterre et nommé François Tanguay, 65 ans.

M. Tanguay a dirigé la section québécoise de Greenpeace Canada de 1992 à 1997. Il a ensuite été juge administratif à la Régie de l'énergie pendant 10 ans. Il a présidé le conseil d'administration de l'Agence de l'efficacité énergétique en 2007-2008. Il a été directeur de la Coalition Bois Québec avant de se joindre, en avril dernier, à ÉcoRessources Consultants à titre d'analyste principal en politique énergétique. Il est l'un des fondateurs des Amis de la Terre.

«J'ai accepté d'être membre du comité pour une raison: il y a de l'ouvrage à faire, il y a un besoin d'information sur le gaz de schiste. Je veux faire partie du débat réfléchi, pas du débat émotif, a dit M. Tanguay à La Presse. C'est un dossier préoccupant, mais il faut s'informer. Il nous manque plein d'information.»

Des critiques entendues

De son côté, le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, reconnaît que les critiques sur la composition du comité l'ont fait réfléchir. «À la lumière des commentaires exprimés, il m'est apparu nécessaire d'élargir la représentativité du comité», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Steven Guilbeault, d'Équiterre, estime que la nomination de François Tanguay «vient combler une lacune importante de ce comité».

La Fondation David Suzuki «accueille favorablement cette nomination, qui contribuera à renforcer le processus». Seule une voix discordante s'est fait entendre, hier: l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, qui aurait préféré que le gouvernement choisisse sa vice-présidente, Kim Cornelissen.