Un groupe de pays émergents s'est dit disposé à en faire davantage pour convaincre les pays développés d'adhérer à une seconde phase du protocole de Kyoto, hier, une proposition qui n'a pas convaincu le gouvernement canadien.

Martin Croteau et Charles Côté LA PRESSE

À Durban, l'Inde a pris part à une conférence de presse commune avec l'Afrique du Sud, le Brésil et la Chine. La ministre indienne de l'Environnement, Jayanthi Natarajan, s'est dite d'accord avec la position de la Chine qui, pour la première fois de l'histoire des négociations sur le climat, n'exclut plus de se soumettre à des limites contraignantes.

Mais Mme Natarajan a surtout repris les positions traditionnelles de son pays.

«Les pauvres n'ont pas à être soumis à des limites contraignantes alors qu'ils n'ont pratiquement pas d'émissions, a-t-elle déclaré. À la base, les pays de notre groupe ont le droit de croître et ne sont pas de grands pollueurs.»

Pour l'Inde, pas question de considérer de nouvelles obligations applicables aux pays en développement avant le prochain rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), en 2015.

«Il faut regarder la déclaration de l'Inde en relation avec celle de la Chine, dit Steven Guilbeault, d'Équiterre, joint par La Presse à Durban. L'Inde était le pays avec la ligne la plus dure là-dessus. C'est une petite brèche dans ce qui était une forteresse.»

Cette sortie des pays émergents n'a pas fait fléchir le ministre fédéral de l'Environnement, Peter Kent. Il a réitéré que le Canada ne s'engagera pas dans une seconde phase du protocole de Kyoto, laquelle lui imposerait des cibles pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

«Le Canada ne reconsidérera pas ses positions», a-t-il affirmé sans détour.

La Chine a suscité l'espoir de plusieurs délégués à Durban, le week-end dernier, lorsqu'elle a ouvert la porte à un plafonnement de ses émissions à partir de 2020. L'équipe de M. Kent a interpellé la délégation chinoise pour qu'elle étaie sa position, mais celle-ci est restée silencieuse, a rapporté le ministre.

«La délégation chinoise n'a fourni aucun détail sur ce qu'elle avait laissé entrevoir dans des reportages», a-t-il indiqué.