Même s'il continue d'affirmer que 50% de la superficie visée par le Plan Nord sera à l'abri des activités industrielles, le gouvernement Charest pourrait donner à l'industrie forestière l'accès à 88% des forêts sur ce même territoire.

Mis à jour le 14 févr. 2012
Charles Côté LA PRESSE

C'est ce qui ressort des plus récentes indications du ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), Pierre Arcand.

En novembre dernier, M. Arcand a dit en point de presse: «Dans mon livre à moi, les coupes forestières devraient être considérées comme une activité industrielle.»

Il venait alors de subir les foudres des groupes écologistes: le document de consultation du MDDEP au sujet du Plan Nord ne classait pas la foresterie parmi les «activités industrielles», notamment à cause du nouveau régime forestier qui entre en vigueur cette année.

Discussions

Hier, en marge d'une annonce sur l'efficacité énergétique, M. Arcand a tenu un autre discours. Entre-temps, il y a 10 jours, il a annoncé avec M. Charest l'intention de créer 20% d'aires protégées d'ici à 2020 dans la zone du Plan Nord, mais seulement 12% dans la forêt boréale.

«Dans le cadre de la forêt boréale, il va y avoir 12% d'aires protégées, a-t-il dit hier. Dans les 88% qui restent, les gens vivent de coupe de bois, alors, il y a ça qui va peut-être exister. On est en discussion. On va voir comment les choses vont évoluer.»

M. Arcand affirme en outre que le MDDEP laisse tomber le terme «aires de réserve de capital nature» qu'il employait l'an dernier pour désigner les zones qui seraient protégées des «activités industrielles» tout en n'étant pas qualifiées d'aires protégées.

«On a éliminé les réserves de capital nature, à cause des définitions internationales de l'UICN [l'Union internationale de conservation de la nature]», a-t-il dit.

M. Arcand précise que le 12% est un «minimum». «Les gens au Saguenay disaient presque: c'est 0%. Alors 12%, c'est réaliste», dit-il.