Le gouvernement Charest fait volte-face après avoir subi de dures critiques au sujet du volet environnemental du Plan Nord.

Mis à jour le 5 nov. 2011
Charles Côté LA PRESSE

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, a annoncé hier qu'il n'y aurait finalement pas de coupes forestières dans la zone du Plan Nord consacrée à la conservation.

«Dans mon livre à moi, les coupes forestières devraient être considérées comme une activité industrielle», a dit M. Arcand en point de presse à Montréal, après une allocution au Conseil des relations internationales de Montréal.

Appelé à préciser s'il parlait au nom de tout le gouvernement, M. Arcand a dit que c'était le cas.

Il a expliqué que l'idée d'autoriser la foresterie était contenue dans un «document de travail soumis à la consultation» et ne représentait pas une décision définitive du gouvernement.

Depuis l'annonce du Plan Nord, en 2009, la protection de 50% du territoire boréal est l'une des pierres d'assise du projet politique fétiche du premier ministre Jean Charest. Cette notion fait partie de toutes les publicités et présentations sur le Plan Nord.

L'an dernier, une série de consultations menées par l'ancienne ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, au sujet du Plan Nord n'avaient pas laissé présager que l'industrie forestière aurait accès aux zones promises à la conservation.

Mais cet automne, au cours de consultations menées par M. Arcand au sujet de la proposition de mettre 50% du territoire visé par le Plan Nord à l'abri des activités industrielles, plusieurs groupes écologistes nationaux et internationaux ont été surpris d'apprendre que la foresterie ne serait pas considérée comme une activité industrielle.

Cela aurait eu pour effet d'ouvrir 88% du territoire du Plan Nord aux opérations forestières.

Les hauts fonctionnaires participant à la consultation considéraient que le nouveau régime forestier québécois permettait le maintien de la biodiversité, ce que plusieurs groupes écologistes et scientifiques contestent.

Sur le plan des activités minières, le ministre affirme qu'il reste une réflexion à faire. «C'est certain qu'il n'y aurait pas une mine dans une aire protégée, mais, selon les spécialistes, il peut y avoir de la prospection minière, a-t-il dit. C'est une question qui va faire l'objet de discussions au cours des prochaines semaines.»

«Nous sommes soulagés, dit Suzann Methot, de l'Initiative boréale canadienne (IBC). Surtout au regard de l'appui que nous avons donné à la promesse initiale de M. Charest. C'est ce qu'on demandait au premier ministre de confirmer dans la lettre qu'on lui a envoyée.»

Tenir cette promesse semble important aux yeux des Québécois, s'il faut en croire un sondage réalisé par Léger Marketing pour le compte de l'IBC. Selon ce sondage, 7 Québécois sur 10 croient que si le premier ministre décidait de permettre la foresterie industrielle ou l'exploration minière dans les zones protégées, cela signifierait qu'il renie son engagement de protéger 50% de la région boréale du Québec.

Le sondage permet de conclure que 81% des Québécois sont favorables à la protection de 50% ou plus du territoire du Plan Nord. «C'est sans doute le plus grand taux d'approbation pour une politique du gouvernement actuellement», dit Mme Methot.