Produire de l'électricité et du carburant à partir d'arbres est néfaste à la fois pour les forêts et pour le climat mondial, affirme Greenpeace dans un rapport dévoilé ce matin.

Publié le 2 nov. 2011
Charles Côté

L'organisme international s'attaque aux politiques du Canada et de ses provinces qui encouragent des projets de centrales thermiques alimentées avec des copeaux de bois, comme celle récemment construite à Williams Lake en Colombie-Britannique, ou encore le programme de recherche financé par le gouvernement fédéral afin de produire de l'éthanol pour les autos avec du bois.

Ces projets font partie de ce qu'on appelle l'industrie de la biomasse.

Dans son rapport intitulé De biomasse à biomascarade, Greenpeace s'est livrée à quelques calculs. Par exemple, pour produire assez d'éthanol pour fournir du biocarburant E85 pour toutes les voitures du pays, il faudrait le double de la quantité de bois récoltée en 2008 d'un océan à l'autre.

Autre exemple: pour produire seulement 3,4% de l'énergie au pays, il a fallu consommer l'équivalent de tout le bois coupé dans quatre provinces (Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick et Manitoba).

Greenpeace affirme en outre que, contrairement à ce qu'affirment les politiques gouvernementales, brûler du bois n'est pas avantageux pour le climat par rapport aux carburants fossiles. «L'exploitation forestière à des fins énergétiques augmente les émissions de carbone vers l'atmosphère et contribue aux changements climatiques pour des décennies, voire des siècles», affirme le rapport.

Au Québec, affirme Greenpeace, les nouvelles politiques favorables à l'industrie de la biomasse pourraient avoir pour effet d'augmenter de 71% le prélèvement de bois.

Selon Greenpeace, l'énergie tirée de la biomasse doit rester à petite échelle, par exemple pour fournir chaleur et vapeur à une usine de papier en brûlant de la sciure et des écorces.

«Il est urgent que les instances provinciales réévaluent les soi-disant bénéfices environnementaux de la bioénergie provenant de la forêt ainsi que sa place dans le portefeuille énergétique», affirme le rapport.