Les opposants à la construction résidentielle dans des milieux naturels de Carignan ont remporté un référendum pour forcer la municipalité à abandonner son nouveau plan d'urbanisme, hier soir.

Mis à jour le 3 oct. 2011
Pierre-André Normandin LA PRESSE

Aux deux questions référendaires, les citoyens ont répondu «non» à 56%. «C'est David qui a gagné contre Goliath. C'est la politique citoyenne qui a gagné contre un promoteur immobilier et une ville corrompue», s'est félicité Patrick Paré, porte-parole du camp du «non».

À l'image de la campagne qui a divisé la communauté de 8000 habitants, le jour du vote était marqué par la tension entre les deux camps. Les opposants au nouveau plan d'urbanisme de Carignan ont accusé la mairesse de s'être présentée aux bureaux de vote pour inciter les citoyens à voter pour le projet. Louise Lavigne reconnaît s'être rendue sur les lieux de vote, mais simplement pour «saluer les gens».

Les résidants se déchirent depuis plusieurs semaines sur son nouveau plan d'urbanisme changeant le zonage de plusieurs secteurs afin de permettre des constructions dans des milieux naturels. Une importante partie du conflit tournait autour du secteur de l'île au Foin, qui appartient au promoteur immobilier Mario Venafro. Celui-ci menace de poursuivre la municipalité si le zonage n'est pas changé.

Carignan a d'ailleurs ajouté une question consultative à ce référendum pour demander aux citoyens s'ils s'opposaient à voir leurs impôts augmenter de 140$ pendant 10 ans pour acheter l'île au Foin. Le résultat du vote sur cette question n'était pas disponible, hier soir.

Tout au long de la campagne référendaire, les deux camps se sont accusés d'intimidation et de vandalisme. Voilà une semaine, la mairesse Lavigne, a refusé de voir les opposants à son plan d'urbanisme manifester sur le territoire de Carignan, forçant le camp du «non» à tenir son rassemblement dans la ville voisine de Chambly.