Un entrepreneur de Montréal met la dernière touche à une serre inusitée. La structure, deux fois grande comme la patinoire du Centre Bell, est juchée sur le toit d'un immeuble, aux abords du Marché Central.

Mis à jour le 19 févr. 2011
Isabelle Audet LA PRESSE

Les Fermes Lufa testent ces jours-ci un concept nouveau au pays. «En ville, le toit des immeubles est un espace inutilisé. On s'est dit: et si on s'en servait pour faire de l'agriculture?» raconte Mohamed Hage, fondateur de l'entreprise et diplômé en informatique.

Au cours des prochaines semaines, M. Hage et son équipe planteront notamment des pousses de tomates, de concombres, de poivrons, de laitue, d'aubergines et de radis. L'entrepreneur et son équipe ont trouvé l'immeuble idéal pour cette serre expérimentale en observant Montréal du haut des airs, avec le service Google Earth. Ça, c'était l'étape facile, précise-t-il.

L'idée est simple, mais la mise en pratique est complexe. Il a fallu renforcer la structure du bâtiment, et puis ériger une serre ultralégère, faite d'aluminium et de verre. «Ce ne sont pas tous les propriétaires qui sont ouverts à ça, bien sûr», note M. Hage.

Le coût d'une telle serre: 2 millions de dollars.

L'avantage de la culture sur toit, ajoute l'entrepreneur, c'est l'utilisation de la chaleur dégagée par l'immeuble l'hiver. Même par temps très froid, le système de chauffage ne fonctionne pas le jour. L'été, des ouvertures sur le toit réduiront naturellement la température de l'édifice.

Mi-avril, l'équipe procédera à sa première récolte. Les points de chute de ces légumes ne sont pas encore déterminés. «On essaie d'établir un réseau de distribution dans les quartiers autour du Marché Central, question de n'utiliser qu'un seul camion de livraison et de réduire nos émissions de gaz à effet de serre», explique M. Hage.