La pétrolière Chevron a été reconnue coupable, lundi, d'avoir contaminé un vaste secteur de la jungle du nord de l'Équateur. Le juge équatorien a condamné la compagnie à verser 9,5 milliards $ US pour les dommages causés par le forage pétrolier et pour défrayer les coûts de l'opération de nettoyage.

Frank Bajak et Gonzalo Solano ASSOCIATED PRESS

Le montant - 8,6 milliards $ en plus du supplément de dix pour cent pour les frais de réparation - est nettement inférieur au montant de 27,3 milliards $ qu'un expert nommé par la cour avait recommandé. Mais cette amende pourrait être la plus importante jamais imposée dans une cause environnementale.

On ignore toujours comment les plaignants - incluant des groupes indigènes qui soutiennent que leurs terrains de chasse et de pêche du cours supérieur du fleuve Amazone ont été décimés par les eaux toxiques - pourront collecter leur dû.

Par voie de communiqué, Chevron a qualifié cette décision d'«illégitime» et d'«inexécutable». La compagnie, qui a engrangé des profits de 19,1 milliards $ l'an dernier, estime que le jugement «ne peut être appliqué dans n'importe quel tribunal qui respecte la primauté du droit».

Depuis les débuts de cette affaire, Chevron a fait valoir qu'il était impossible qu'un tribunal équatorien ne rende une décision juste dans ce pays d'Amérique du Sud dirigé par un président de gauche, Rafael Correa, qui avait déjà affirmé qu'il soutenait les plaignants.

Samedi, des responsables équatoriens avaient indiqué qu'ils bloqueraient temporairement le jugement. Le Bureau du procureur général avait fait savoir, par voie de communiqué, que l'Équateur obéirait à un ordre d'un juge fédéral américain de New York, bien que les responsables «ne soient pas d'accord» avec celui-ci.

Le juge américain déclarait avoir conclu que les avocats représentant les 30 000 plaignants planifiaient une déstabilisation globale des activités du géant pétrolier pour s'assurer de recevoir leur argent.

La compagnie a fait savoir qu'elle avait l'intention d'en appeler de la décision.

Cette cause, qui comporte des enjeux géopolitiques importants, occupe les cours américaine et équatorienne depuis 17 ans.