La déforestation a notablement ralenti depuis une dizaine d'années, tandis que le reboisement s'accélère, en particulier en Chine, ce qui laisse espérer un équilibre dans quelques années, a souligné mercredi un expert de la FAO.

Publié le 2 févr. 2011
Pierre-Antoine Donnet AGENCE FRANCE-PRESSE

«Certains signes évidents montrent que nous pourrions arriver à un équilibre dans quelques années», a souligné à New York Eduardo Rojas-Briales, directeur général adjoint du département des forêts de l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture.

«Bien sûr, nous allons encore perdre des forêts d'une grande valeur et nous gagnerons des forêts de piêtre qualité avec peu de capacité de stockage de carbone», ajoute-t-il.

Les arbres sont encore coupés à «un rythme alarmant», notamment en Amazonie et en Afrique, selon le dernier rapport de la FAO «Situation des forêts du monde». Mais la Chine a lancé un programme massif de reboisement, de 120 millions d'hectares actuellement à 200 millions à terme, et la surface des forêts a augmenté en Europe et en Amérique du Nord au cours de la décennie écoulée, selon ce rapport.

Le rythme de la déforestation a ralenti, de 8,3 millions d'hectares par an pendant la décennie 1990-2000, à 5,2 millions pendant la décennie écoulée.

En chiffres bruts, 13 millions d'hectares de forêt ont été détruits en moyenne chaque année pendant la dernière décennie, soit environ la superficie de l'Angleterre. Mais il faut retrancher 5,7 millions d'hectares/an qui sont reboisés et 2,1 millions d'hectares d'expansion naturelle des forêts.

Les Nations unies ont lancé cette semaine l'Année internationale des forêts en commençant par un forum réunissant des experts du monde entier.

La déforestation «est encore un énorme problème», souligne Frances Seymour, directrice générale du Centre de recherche international sur les forêts (CIFOR) basé en Indonésie.

«Mais la situation est meilleure qu'il y a dix ans. Dans les années 90, nous perdions 16 millions d'hectares de forêts par an. Il y a donc eu une baisse significative du taux de déforestation», ajoute-t-elle.

L'impact de la déforestation sur le réchauffement climatique est «énorme», souligne-t-elle. «Les estimations varient, mais entre 12 et 17% du total actuel des émissions de gaz à effet de serre (GES) proviennent de la déforestation», soit plus que le secteur du transport, explique-t-elle.

Or, c'est sur la déforestation qu'il sera le moins coûteux d'agir dans les prochaines années pour tenir l'objectif de contenir le réchauffement climatique à +2 degrés, relève-t-elle.

Les forêts couvrent presque 30% de la surface terrestre et plus d'un milliard d'individus en dépendent pour une partie significative de leurs revenus.

«La reforestation est en cours dans 46 pays d'Europe», souligne Lars Peder Brekk, ministre norvégien de l'Agriculture. «En Scandinavie, la tendance est très nette et c'est la même chose pour l'ensemble de l'Europe».

En Norvège, pays qui s'est érigé en modèle pour l'Europe, l'accroissement des forêts est trois fois supérieur à ce qui est coupé chaque année par l'industrie du bois.

Au niveau mondial, Un mécanisme baptisé REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) a été adopté au Sommet sur le climat de Cancun en décembre. Plus de 190 Etats sont tombés d'accord pour amener les pays qui abritent de précieuses forêts tropicales, comme le Brésil, l'Indonésie ou les pays du bassin du Congo, à éviter de couper les arbres ou à les gérer de manière durable, en leur versant des compensations financières.