Ils le font plus souvent que vous ne le pensez. Voilà la conclusion des chercheurs qui ont interrogé plus de 3000 Américains âgés entre 57 et 85 ans sur leurs habitudes sexuelles.

Publié le 31 janv. 2009
Émilie Côté LA PRESSE

Les trois quarts des 57 à 64 ans et la moitié des 64 à 75 ans avaient eu une relation sexuelle au cours des 12 derniers mois, souvent plus que deux ou trois fois par mois. La moitié de ces répondants avaient même pratiqué l'amour oral durant l'année précédente, tout comme le tiers des 75 à 85 ans, a révélé l'étude publiée dans The New England Journal of Medicine. De plus en plus de couples « âgés » frappent à la porte du sexologue Michel Lemieux, à Saint-Lambert. « Par rapport aux générations précédentes, il y a de plus en plus de gens de 60 ans qui ont une vie sexuelle à un rythme régulier et plus fréquent », constate-t-il.

M. Lemieux a reçu dans son bureau un homme de 85 ans, qui était accompagnée de son amoureuse de 70 ans. « Ils fonctionnent très bien sexuellement. Durant certaines périodes, ils peuvent le faire tous les jours. »

La sexualité entre deux têtes grises est moins taboue aujourd'hui, observe le sexologue, qui pratique depuis 35 ans. « J'ai reçu un couple il n'y a pas si longtemps. Le monsieur a fin 70 ans, et la femme début 70. Il a des problèmes érectiles et de coeur, mais il veut parler de sexualité. Ce n'est pas juste monsieur qui en veut, madame aussi. »

À 20 ans comme à 60 ans, une vie sexuelle épanouie est souvent le signe d'un couple heureux. « C'est un besoin à n'importe quel âge. »

Oui, « il y a des hommes de 85 ans qui sont encore de jeunes poulains », indique M. Lemieux. Mais c'est une erreur de continuer à vivre sa sexualité sur le mode de la performance. « À 60 ans, les gens n'ont plus le goût d'essayer toutes les positions, souligne-t-il. La femme ne veut pas de petites vites. Elle est plus intéressée par la qualité du contact. »

Selon la même étude, seulement un homme sur sept avait pris du Viagra ou un autre médicament pour améliorer sa performance sexuelle.

Cela ne répond pas à tout. « C'est bon pour quelqu'un qui a un problème vasculaire », précise M. Lemieux.

« Des défaillances, il y en a à tous les âges, rappelle le gérontologue Hubert de Ravinel. Au fil de l'âge, le besoin de deux corps qui se collent demeure. Le corps ne finit jamais de nous travailler. »