Julien Gagnon, 20 ans, est un passionné de coopération internationale. Il entame une maîtrise en économie du développement international à McGill. Depuis deux ans, il a fait un stage en agriculture biologique dans une ferme de Colombie-Britannique et un autre dans un orphelinat du Honduras. Comme il trouve que sa génération n'est pas assez combative, il s'est impliqué en politique. Depuis quelques mois, il est le président de l'aile jeunesse de l'une des formations politiques du Québec.

Katia Gagnon LA PRESSE

Question-quiz: de quelle formation politique s'agit-il? Québec solidaire? Le Parti québécois? Raté. Julien Gagnon est depuis près d'un an le président des Jeunes libéraux du Québec. Disons que le jeune homme, malgré un look propret et un veston de circonstance, ne correspond pas vraiment au stéréotype du jeune libéral arriviste qui s'implique pour se lancer rapidement en politique.«La politique, ça n'est pas dans mes plans, dit-il fermement. Moi, ce qui m'appelle, c'est l'aide aux pays en développement. J'ai envie de développer des choses au plan économique qui vont aider les gens.»

L'an dernier, le jeune Gagnon s'est investi dans une première expérience de travail à l'étranger. Il a oeuvré dans les champs de café du Honduras et aussi dans l'orphelinat d'une petite ville. Une quarantaine d'enfants s'entassaient dans un espace qui aurait suffi pour quinze. Les jeunes coopérants étaient chargés d'organiser des activités pour les enfants. «Clairement, ils avaient un manque au plan affectif. Notre utilité ne faisait pas de doute», dit-il.

Julien Gagnon a grandi au sein d'une famille de professionnels dans la banlieue tranquille de St-Lambert. La famille est très politisée. Autour de la table familiale, où les discussions sont souvent vives, le jeune homme a développé un goût prononcé pour les débats d'idées. Un jour, il accompagne un ami dans un congrès des Jeunes libéraux. C'est le coup de foudre. «Moi, ce qui m'intéresse, c'est les débats. Une fin de semaine de débats, ça m'a fait tripper.»

Il monte rapidement les échelons dans la hiérarchie de l'aile jeunesse pour devenir le président des Jeunes libéraux. En mai dernier, il a prononcé pour la première fois de sa vie un vrai discours devant les 700 militants du conseil général des libéraux. Dans l'assistance, il y avait bien plus que des jeunes libéraux. Il y avait tous les ministres du cabinet, le premier ministre, les députés.

Bien sûr, ce discours sur le «parti des bâtisseurs» et le «rêve d'un génération» comportait son lot de phrases creuses. Mais il fallait le voir réciter ces «lignes», sans jamais lire son texte, avec l'aisance d'un politicien beaucoup plus aguerri. Tout un baptême du feu. Futur politicien? Vous pouvez parier là-dessus.

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Photo Robert Mailloux La Presse

Julien Gagnon