Dorothy est entrée chez les Témoins de Jéhovah en 1975. À 80 ans, elle continue à propager la bonne nouvelle dans le métro. Le métro, c'est moins d'ouvrage que le porte-à-porte.

Publié le 7 mars 2009
Jean-Christophe Laurence LA PRESSE

En général, la station Pie-IX est plus favorable aux rencontres. À cause de l'achalandage. Mais aujourd'hui, elle a choisi Cadillac, parce que c'est plus près de chez elle. La dame s'est postée en bas de l'escalier mécanique, avec des dépliants et ses revues gratuites : Watchtower, The Awake, La Vérité, et même des exemplaires en italien. « On est libres de nos horaires, explique la dame. Moi à cause de mon arthrite au genou, je fais entre une et quatre heures. J'y vais quand je peux. Mais ceux qu'on appelle les « pionniers », ils font jusqu'à 50 heures par semaine. Bénévolement. Ils sont dévoués à la cause. »Le principe est simple. Rester disponible aux passants. Répondre aux questions. Donner des brochures. Si le contact est bon, on s'échange les numéros de téléphone. Et on poursuit la discussion à la maison, Bible en main.

« Il n'y a qu'un Dieu, et il s'appelle Jéhovah. Mais s'il n'y a qu'un vrai Dieu, pourquoi toutes ces religions ? Pourquoi toutes ces divisions ? », demande Dorothy, qui a elle-même été élevée dans la foi grecque orthodoxe.

Évidemment, le job n'a rien de facile. Pour un converti, il y en a 1000 qui s'en foutent. Il y a ceux qui l'ignorent. Ceux qui lui disent non merci pas aujourd'hui. Et ceux qui déchirent ses brochures. La dame ne s'en fait pas. « La plupart des gens sont polis » insiste-t-elle.