La ministre française de la Santé Roselyne Bachelot s'est fait vacciner contre la grippe H1N1 devant les caméras jeudi, pour montrer l'exemple à une population très sceptique, au premier jour de la campagne nationale de vaccination pour le grand public.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je n'ai pas peur des piqûres», a plaisanté Mme Bachelot, piquée au bras droit, devant les journalistes qui avaient été invités à la filmer dans un gymnase de Paris, réquisitionné pour la vaccination. Selon Mme Bachelot, le président Nicolas Sarkozy va lui aussi prochainement se faire vacciner. Il «est absolument décidé à se faire vacciner», a-t-elle assuré.

La ministre a reçu le vaccin de la firme britannique GlaxoSmithKline, le seul actuellement arrivé en France.

En dépit de la campagne d'information intensive menée par les autorités sanitaires, la défiance reste grande en France sur l'utilité de se faire vacciner, aussi bien dans la population que chez les personnels de santé.

Un sondage paru il y a une semaine dans un magazine de santé a montré qu'une écrasante majorité de Français (73,6%) boudaient la vaccination contre la grippe H1N1, parce qu'ils estiment qu'elle n'est pas grave ou parce qu'ils craignent des effets secondaires.

De plus, la campagne de vaccination et l'ampleur des commandes de vaccins ont suscité une polémique, des médecins et des personnalités politiques dénonçant une surévaluation du risque.

Après avoir débuté il y a plus d'un mois pour le personnel hospitalier - 100.000 vaccinés sur 800.000 au total à ce jour, selon la ministre - la campagne de vaccination pour le grand public, gratuite et non obligatoire a commencé dans 1.060 centres de vaccination spécialement mis en place dans toute la France.

Le public prioritaire ayant reçu ou allant recevoir des bons de vaccination est constitué des personnes entourant les nourrissons, les personnels de santé (non hospitaliers) et les personnes qui risquent de faire des complications.

Les premières estimations des bureaux régionaux de l'AFP faisaient état jeudi d'une faible affluence dans les centres de vaccination.