Victime de son succès, la région des Laurentides doit maintenant restreindre la vaccination aux seules personnes qui figurent parmi les catégories jugées prioritaires.

Mis à jour le 30 oct. 2009
Pascale Breton et Hugo Meunier LA PRESSE

Jeudi, le centre de vaccination de Saint-Eustache reflétait bien l'état de panique qui règne chez certains. En après-midi, plus de 2000 personnes attendaient d'être vaccinées, selon les estimations. Or, il est possible d'en vacciner de 800 à 1000 en une journée.«On ne pensait jamais qu'il y aurait une telle affluence», a reconnu la Dre Blandine Piquet-Gauthier, directrice de la santé publique des Laurentides.

La région des Laurentides a amorcé sa campagne de vaccination plus tôt que d'autres. Dès lundi, les travailleurs de la santé, les pompiers, les policiers, mais aussi les enfants en bas âge et les malades chroniques de moins de 65 ans étaient attendus pour la vaccination.

Résultat, des résidants d'autres régions, notamment de Montréal, sont venus gonfler les files d'attente dans les Laurentides. Il y a aussi plusieurs parents très anxieux qui souhaitent faire vacciner leurs petits rapidement, surtout depuis le décès d'un jeune garçon survenu en Ontario plus tôt cette semaine, a noté la Dre Piquet-Gauthier.

«Il y avait beaucoup de parents antivaccin, mais ils ont changé d'idée avec ce qui s'est passé en Ontario. Nous sommes obligés de faire un appel au calme. La situation actuelle n'est pas dramatique.»

Tension

Mais en fin d'après-midi, la tension était palpable chez ceux qui attendaient leur tour, dans le stationnement face au centre de vaccination.

«C'est pathétique, c'est une désorganisation totale!» pestait Louise Baillargeon, 61 ans, de Montréal. Dans la file depuis plus de deux heures, elle n'était même pas encore à mi-chemin de la porte d'entrée du bâtiment. «J'ai passé quatre mois à l'hôpital et j'ai été opérée pour le coeur la semaine dernière. Pour moi, il n'y a aucune chance à prendre», a-t-elle plaidé pour justifier sa présence dans le stationnement.

Pour gérer la foule, deux employés du centre de santé et de services sociaux de Deux-Montagnes, responsable de la vaccination à Saint-Eustache, écumaient le stationnement en répondant aux questions. Des policiers étaient également postés tout près.

La responsable des communications au CSSS de Deux-Montagnes, Line Gendron, reconnaît que la situation a pris une ampleur inattendue.

«On fait appel au sens civique, mais évidemment, ce n'est pas écrit dans le front d'une personne qu'elle a une maladie chronique ou pas.»

Elle s'est tout de même réjouie de voir que le message sur l'importance de la vaccination semble avoir passé. Au terme de sa campagne, l'agence des Laurentides espère avoir rejoint au moins 440 000 des 525 000 résidants de la région.