Un flou persiste quant au début de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1). Les gouvernements réitèrent que tout sera prêt au début du mois de novembre, mais ils ne ferment pas la porte à une vaccination dès la fin de ce mois-ci.

Mis à jour le 14 oct. 2009
Pascale Breton et Tommy Chouinard LA PRESSE

Dès que le vaccin sera prêt, le fédéral sera en mesure de lancer la campagne, a indiqué hier l'administrateur en chef de la santé publique au Canada, le Dr David Butler-Jones.«Dans nos plans, nous tenons compte de toutes les options et nous essayons d'être prêts. S'il est possible de le faire plus tôt, les provinces seront prêtes», a-t-il indiqué en précisant que le vaccin est actuellement à l'étape des tests de qualité.

Le Québec est prêt à commencer la campagne de vaccination plus tôt, si cela s'avère possible, a pour sa part affirmé le ministre de la Santé, Yves Bolduc.

La campagne pourrait être devancée si Santé Canada et la direction de la Santé publique du Québec le jugent nécessaire, a expliqué le ministre.

«Tout dépend de la façon dont le dossier va évoluer, de la progression de la grippe. Si la grippe est déjà arrivée, ils peuvent décider, si les vaccins sont disponibles, de devancer la vaccination.»

Le ministre Bolduc est d'ailleurs optimiste face au taux de réponse de la population. Il croit que plus de la moitié des Québécois se feront vacciner contre la grippe A (H1N1). «On espère plus de 50% ou 60% des gens. Avoir entre 80% et 90%, ce serait une très, très bonne chose.»

Ce taux de couverture serait supérieur à celui de la vaccination contre la grippe saisonnière, qui s'adresse toutefois à certains groupes vulnérables et non à l'ensemble de la population.

Le ministre a rappelé que le vaccin demeure la meilleure façon de se protéger contre le nouveau virus. «Le meilleur moyen de prévention de la grippe A (H1N1), qui est une maladie mortelle, est la vaccination. On encourage toute la population à se faire vacciner.»

Afin de mieux informer la population sur les symptômes de la grippe A (H1N1), sur les moyens de prévention ou sur ce qu'il faut faire pour soigner un proche, le gouvernement fédéral a par ailleurs préparé une brochure d'information, distribuée dans les bureaux de poste et sur l'internet.

«La grippe A (H1N1) est un sujet complexe, comme on peut le voir, qui donne lieu à beaucoup de mythes et de méprises», a d'ailleurs souligné la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq.

Elle a tenu à rassurer la population sur l'innocuité du vaccin. «Nous travaillons très fort pour nous assurer que le vaccin est sûr et efficace. Le Canada a des standards de sécurité parmi les plus élevés dans le monde. Nous n'avons jamais approuvé un vaccin qui n'était pas sûr.»

Le Canada a acheté quelque 50 millions de doses. Tous ceux qui le voudront pourront être vaccinés. L'Agence de santé publique du Canada estime d'ailleurs que de 25% à 35% des gens qui ne seront pas vaccinés pourraient tomber malades.

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Des centres de vaccination «massive»

Le vaccin contre la grippe A (H1N1) ne sera pas offert dans les CLSC ou les cabinets de médecins. Québec ouvrira plutôt des centres de vaccination «massive» dans des «lieux publics vastes, connus et facilement accessibles», a expliqué l'attachée de presse du ministre Bolduc, Marie-Ève Bédard. Selon elle, ces cliniques désignées pourront vacciner 300 personnes à l'heure. À Montréal, de 12 à 16 endroits - comme des centres commerciaux - ont été ciblés en vue de vacciner 60 000 personnes par jour, a indiqué une porte-parole de l'Agence de la santé de la région, Chantal Huot. Un seul site est confirmé pour le moment dans la métropole, le Centre des loisirs de Saint-Laurent (Saint-Laurent). - Tommy Chouinard