La grippe A (H1N1) ne s'attaque pas seulement aux malades chroniques ou aux personnes déjà affaiblies. Un Montréalais sur cinq qui a été hospitalisé au printemps pour des complications graves liées au virus était en bonne santé.

Mis à jour le 23 sept. 2009
Pascale Breton LA PRESSE

«Au total, 20% des personnes qui ont été hospitalisées n'avaient aucun facteur de risque. Ce sont des personnes en excellente santé qui se sont retrouvées à l'hôpital, non seulement à l'urgence, mais qui ont été hospitalisées pour des complications de leur maladie», explique le directeur de la santé publique de Montréal, le Dr Richard Lessard.

L'Agence de santé et de services sociaux de Montréal a cru bon de dresser le portrait épidémiologique de la première vague de grippe A (H1N1) qui a frappé au printemps pour tenter de mieux faire face à la deuxième, attendue cet automne.

«C'est difficile de dire qui est à l'abri du H1N1», admet toutefois le Dr Lessard. Alors que l'influenza saisonnière entraîne généralement des complications chez les personnes âgées de 65 ans et plus, le nouveau virus en circulation semble affecter plus durement les jeunes.

Montréal a été plus touché que le reste du Québec. Près de la moitié des cas ont été rapportés dans la métropole qui compte 23% de la population de la province.

Les premiers cas sont apparus dans l'ouest de la ville, mais les foyers d'infection se sont rapidement propagés à l'est de la ville. Les gens qui vivent dans les quartiers défavorisés semblent d'ailleurs plus à risque.

La promiscuité, la qualité de l'air et la présence de moisissures dans certains logements n'y sont pas étrangères. «Les personnes ayant un niveau socio-économique plus bas sont plus à risque d'attraper le virus. Également, les personnes avec un niveau socio-économique plus bas se retrouvaient plus souvent à l'hôpital et développaient des complications», détaille le Dr Lessard.

Les enfants de moins de 5 ans sont moins souvent touchés mais, en revanche, ils sont plus gravement atteints et nécessitent plus souvent une hospitalisation lorsqu'ils contractent la maladie.

Les femmes semblent également plus sensibles. Elles comptent pour 55% des cas rapportés à Montréal. «Les femmes étaient plus à risque de développer la forme grave, c'est-à-dire de se retrouver aux soins intensifs sous ventilateur ou même d'en décéder. C'est surprenant», note le directeur de la santé publique de Montréal.

La fermeture des écoles

La première vague de la grippe A (H1N1) a connu son apogée en juin pour s'affaiblir graduellement au cours de l'été.

La fermeture des écoles pourrait y avoir contribué, estime le Dr Lessard. «Quand la fermeture des écoles survient, ça facilite, je pense, l'arrêt de l'épidémie.»

Il n'est d'ailleurs pas exclu que dans les cas extrêmes, des écoles soient fermées lors d'une deuxième vague de grippe, de façon à limiter la propagation du virus.

«C'est un outil d'intervention de santé publique qu'on peut utiliser, mais il faudra, lorsqu'on l'utilisera, qu'on ait des objectifs très précis pour le faire. C'est sûr qu'il y a des écoles qui vont se fermer toutes seules si tout le personnel ou les enfants sont malades», dit le Dr Lessard.

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Photo Robert Skinner, La Presse