Les femmes enceintes qui travaillent dans les écoles et les services de garde devraient pouvoir se prévaloir d'un retrait préventif en raison des dangers que peut représenter la grippe A (H1N1).

Mis à jour le 3 sept. 2009
Pascale Breton LA PRESSE

«C'est la CSST qui décide de l'accorder. Mais je pense que la majorité des femmes peuvent le demander (le retrait préventif) et peuvent compter l'obtenir d'après ce que l'on sait», a déclaré mercredi le directeur national de la santé publique, le Dr Alain Poirier.Un avis sur la question a été demandé il y a deux semaines aux experts de l'Institut national de la santé publique.

À la lumière de cet avis, le comité de médecins en place à la Commission de la santé et de la sécurité au travail a convenu que, compte tenu des inconnues concernant la grippe A (H1N1), il allait recommander, de façon générale, que les femmes enceintes soient retirées ou affectées à un autre poste pendant leur grossesse.

Il n'est toutefois pas question de retrait systématique. C'est à la femme enceinte d'en discuter avec son médecin traitant. Celui-ci pourra ensuite demander le retrait préventif à la CSST, comme c'est déjà le cas pour d'autres maladies.

Les femmes enceintes ne risquent pas davantage que les autres de contracter le virus de la grippe A (H1N1). Par contre, elles sont plus susceptibles d'avoir des complications graves. Elles ont notamment un risque plus élevé d'être hospitalisées que la population en général.

Les gouvernements se fient par ailleurs beaucoup à la campagne de vaccination pour immuniser la population contre ce nouveau virus.

Au Québec, on estime que l'ensemble de la population pourrait être vaccinée en l'espace d'un mois. Les ministres de la Santé des provinces se réuniront dans deux semaines avec le gouvernement fédéral pour déterminer qui devrait être vacciné en priorité.

Chacun a le choix de se faire vacciner ou non. «La vaccination sera offerte à tous ceux qui le veulent. Mais c'est volontaire par rapport à la prise du vaccin», a déclaré mercredi le ministre de la Santé, Yves Bolduc, à la sortie du Conseil des ministres.

Québec se prépare au pire, surtout si la deuxième vague de grippe A (H1N1) survient tôt cet automne, avant que le vaccin ne soit disponible.

«Il faut se préparer sérieusement dans nos capacités à traiter les malades», a indiqué le directeur national de la santé publique, le Dr Alain Poirier.

«Il existe différentes formules que nous n'avons pas eu besoin de mettre en place lors de la première vague, mais dans une deuxième, si elle est plus sérieuse et qu'elle arrive avant que le vaccin ne soit disponible, il va falloir utiliser ces outils», a-t-il ajouté en parlant notamment des sites de traitement non traditionnels qui pourraient ouvrir à l'extérieur des hôpitaux.

- Avec la collaboration de Tommy Chouinard