Le Symposium international sur le tourisme durable a récemment eu lieu à Québec. On y a mis l'accent sur un virage vert. Comment le tourisme international essentiellement basé sur du transport aérien grandes distances peut-il aspirer à devenir vert?

Mis à jour le 27 mars 2009
Pascal Grenier

Les gestes environnementaux proposés par le monde du tourisme durable sont du genre : recyclage, compostage, réutilisation des draps et serviettes, protection des paysages et des aires naturelles, limitation de la pollution, etc. Bien que ces gestes soient positifs, entre autre le maintien de la qualité de vie des communautés locales, le transport en avions, dont on ne parle à peu près pas dans l'approche du tourisme vert, est de très loin l'élément environnemental le plus important et le plus polluant. Le simple voyage aller-retour en avion d'une personne faisant Québec-Paris équivaut aux émissions d'une petite voiture pendant un an. De plus, les émissions de CO2 de l'aviation sont d'autant plus importantes qu'étant émises directement dans la haute atmosphère, elles ont 2 fois plus de pouvoir nocif. Les voyages en avion sont de plus en plus populaires et les pronostics à ce niveau sont extrêmement inquiétants pour l'environnement. En effet, d'ici 2020, on prévoit doubler le tourisme international.

En cette période de changements et de remises en question des modes de vie, les déplacements en avions sont, à ne pas douter, une activité à remettre en cause dans bien des cas. Les longs déplacements pour de courts séjours sont particulièrement à éviter.

Il est vrai que le tourisme amène des retombées positives dans les pays visités, lesquels en ont parfois bien besoin. Toutefois, n'y aurait-il pas des façons plus appropriées d'aider ces pays que de générer des pollutions, qui en fin de course, leur causeront plus de tord que de bien ?

Concernant les retombées financières, la ville de Québec bénéficie beaucoup du tourisme international et devra être une des premières à s'adapter à une éventuelle réduction de ce type de visiteurs.

Finalement, il est également vrai que « les voyages forment la jeunesse »... et les moins jeunes. Toutefois sommes-nous vraiment obligés de franchir des distances considérables, aussi souvent, pour se cultiver, se distraire, faire des affaires, pratiquer des sports, se reposer et, sommes toutes, vivre de belles vacances ?

Les simplicitaires vous invitent à « ménager vos transports »... en avion.

L'auteur est responsable du Groupe de simplicité volontaire de Québec.