Le projet du boisé des Hirondelles est un dossier où nous savions que les obstructionnistes s'opposeraient sans compromis. Nous avons alors choisi de réaliser le projet dans les meilleures conditions possibles, car ne pas respecter les droits du propriétaire nous conduisait devant les tribunaux pour évaluer les coûts d'une expropriation, qui devrait être supportée par nos concitoyens. M. Cardinal reconnaît l'existence de ces droits, mais il a préféré esquiver les conséquences de cet élément. Selon lui, une simple volonté politique pourrait changer la donne.

Publié le 20 janv. 2012
Claude Benjamin
Maire de Saint-Bruno-de-Montarville, l'auteur réagit à l'éditorial de François Cardinal intitulé «In-dé-fen-da-ble», qui a été publié le 11 janvier.

Dire que nous avons passé outre aux consultations est loin de la réalité. Plusieurs des mesures introduites dans le Plan d'intégration et d'implantation architecturale proviennent de ces consultations. Que toutes les mesures réclamées n'aient pas été retenues, cela fait partie de la réalité des dossiers que nous avons à gérer au bénéfice de l'ensemble des citoyens.

Prétendre que nous n'avons pas tenu compte des recommandations du comité de l'environnement de notre ville n'est pas exact. Ce comité a reconnu l'intérêt du boisé et souhaité qu'il soit conservé dans son intégrité. Toutefois, il a reconnu qu'il était difficile de ne pas considérer les droits du propriétaire. Il a alors recommandé, dans l'éventualité où les propriétaires souhaitaient réaliser le projet, que ce dernier soit encadré afin d'en minimiser les impacts sur l'environnement. Les comités consultatifs de l'urbanisme et de l'environnement et l'administration municipale de Saint-Bruno se sont appliqués pendant six ans à déterminer les conditions qui rendent le projet acceptable.

Comparer les dossiers d'expropriation de l'île Charron et de Sainte-Julie à celui du boisé des Hirondelles, c'est comparer des incomparables. Dans le dossier de l'île Charron, la partie expropriante est le gouvernement du Québec : l'ensemble des contribuables du Québec en assumera les coûts. Dans le dossier de Saint-Bruno, la partie expropriante serait la Ville : ses contribuables en assureraient les coûts.

Soutenir que tous les quartiers de la CMM devront se densifier pour atteindre les objectifs du PMAD, voilà une interprétation erronée du plan. La densification s'effectuera auprès des pôles de transport en commun et non sur l'ensemble du territoire.

Le projet du boisé des Hirondelles est antérieur à l'adoption du PMAD et la Ville de Saint-Bruno ne peut s'y opposer sans être accusée d'expropriation déguisée. L'aboutissement de ce dossier à l'automne 2011 n'est que le reflet de longues discussions entre l'administration de la Ville et le propriétaire afin d'encadrer ce projet dans des conditions de développement acceptables dans les circonstances.