L'opinion d'un directeur d'école ou d'un adjoint ne pèse pas lourd devant un simple contremaître d'une commission scolaire. Des «pousseux» de crayons qui ne connaissent rien. Pourtant, de nombreux membres de la direction sont eux-mêmes des bricoleurs avertis.

Publié le 17 janv. 2012
Pierre C. Tremblay
Retraité, l'auteur a travaillé pendant 34 ans dans une commission scolaire de l'est de Montréal à titre de directeur d'école et d'enseignant.

À l'école secondaire Anjou, le personnel se plaignait souvent d'un manque de ventilation. Nous faisions rire de nous par les spécialistes des services des ressources matérielles. Cette école était au départ à aires ouvertes. Puis des murs ont été installés sans qu'on ne change rien aux conduits de ventilation. Puis un jour, quelqu'un a donné l'ordre d'ouvrir les plafonds. On a découvert que des conduits étaient obstrués, d'autres étaient ouverts dans le vide.

Quand j'étais directeur d'une école primaire de Ville d'Anjou, j'ai remarqué que les calorifères en fonte ressortaient de plusieurs centimètres du mur. Je me doutais que l'école commençait à s'enfoncer dans le sol. Les services des ressources matérielles ont simplement dit de mettre du «caulking» pour remplir le trou.

À la dernière école où j'ai travaillé, à Saint-Léonard, il y avait de grandes vitres qui garnissaient le haut des classes du côté du corridor. J'ai remarqué que le cadrage des fenêtres rapetissait et menaçait que la fenêtre éclate et blesse des enfants. J'ai demandé à plusieurs reprises à la commission scolaire de corriger le tout. Rien ne fut fait. Lors d'une journée pédagogique, j'ai brisé cette fenêtre avec le concierge.

C'est sans compter les problèmes d'amiante, de manque de toilettes, de malpropreté due aux coupes dans le personnel de conciergerie, de manque d'éclairage dans les classes, de grande chaleur en mai, juin et septembre, d'infiltration d'eau, de rats, etc.

Les directions d'école sont divisées entre près de 10 associations. Il y a un manque d'unité dans les revendications.

Depuis les changements dans la loi sur l'instruction publique en 1998 et la création de conseils d'établissement, les écoles peuvent s'autodiriger et dépendre directement de Québec, comme les écoles privées. On demande actuellement une maîtrise en administration scolaire aux nouveaux directeurs d'écoles publiques.

Avons-nous besoin de 21 commissaires dans une commission scolaire? Avons-nous besoin d'une armée de cadres? D'employés de soutien? La majeure partie des sommes que coûtent ces employés pourrait être versée directement aux écoles. À la fin de l'exercice, le public épargnerait et les enfants seraient mieux servis. Certains commissaires ne se privent pas d'arroser leurs repas gratuits de vins dispendieux lors des assemblées. Dans ma commission scolaire, un cadre et deux anciens présidents ont défilé à la commission Gomery.

Une école secondaire est une mini-ville et est présentement capable de s'autodiriger. Les écoles primaires, en se regroupant à trois ou quatre, pourraient se doter des mêmes services que ceux donnés par la commission scolaire.

Je n'ai pas parlé du «coulage» d'argent. Les écoles ne reçoivent qu'une partie des budgets donnés par le ministère de l'Éducation. Les budgets amputés ne sont remis que plus tard aux écoles, souvent à la fin de l'année scolaire. La commission scolaire fait de l'argent sur le dos des enfants.

NDLR: L'auteur réagit au dossier des moisissures détectées à l'école primaire Saint-Gérard de la CSDM.