Le Québec, l'Ontario et Terre-Neuve doivent développer ensemble un plan à long terme d'exportation d'électricité.

Publié le 3 déc. 2011
Jim Prentice
L'auteur est premier vice-président à la direction et vice-président du conseil de la CIBC. Il a été ministre dans le gouvernement Harper de 2006 à 2010.

Le principe du fédéralisme dans notre pays est la coopération visant à faire avancer l'intérêt commun des Canadiens tout en respectant les besoins et priorités des régions. Il s'agit de bâtir une nation et d'agir de concert afin de prospérer ensemble.

La voie maritime du Saint-Laurent, l'autoroute transcanadienne, le gazoduc TransCanada, la baie James: ces projets d'infrastructure porteurs de changement caractérisent le développement du Canada. Ils contribuent à tracer son destin et à former ses assises.

Ces succès hors du commun sont derrière nous. Si nous voulons continuer à prospérer, nous devons entamer une nouvelle ère de développement.

Au cours de ce siècle, tout comme au siècle dernier, des mégaprojets énergétiques promettent de nous assurer une présence sur d'importants nouveaux marchés d'exportation, de créer de l'emploi et d'assurer notre prospérité économique.

Dans l'ouest, les projets de pipelines de Keystone XL et de Northern Gateway serviront à renforcer et à diversifier nos marchés en reliant nos vastes réserves de pétrole au Midwest américain et au golfe du Mexique ainsi qu'aux économies énergivores de l'est.

Dans l'est, des projets hydroélectriques comme la partie énergétique du Plan Nord et le développement du cours inférieur du fleuve Churchill au Labrador, généreront environ 6500 mégawatts d'hydro-énergie renouvelable qui rendront un peu plus «vert» le réseau électrique nord-américain.

Avec près de 60% de l'électricité canadienne provenant déjà du secteur hydroélectrique, le Canada peut, et se doit d'être, le leader mondial en hydroélectricité. Le Québec est déjà un chef de file dans ce domaine. Et Terre-Neuve-et-Labrador le deviendra bientôt. Il s'agit d'un avantage concurrentiel non négligeable qui est à notre portée. Tout ce que nous avons à faire est de travailler main dans la main et d'en profiter.

Avec autant de potentiel entre leurs mains, le temps est venu pour le Québec, l'Ontario et Terre-Neuve de s'asseoir ensemble et de développer un plan à long terme visant à transporter une énergie propre, renouvelable et abordable vers les marchés en pleine expansion du sud. Aucune des provinces n'est en mesure de le faire seule. Mais en travaillant ensemble, elles peuvent construire quelque chose de grandiose et de durable.

Prise dans son ensemble, l'occasion représentée par ces mégaprojets énergétiques est sans précédent. Grâce à la richesse de ses ressources inexploitées, le Canada se retrouve dans une position unique permettant une croissance économique et la création d'emplois tout en pénétrant de nouveaux marchés pour écouler ses ressources.

Des économistes de la CIBC prévoient que les projets d'infrastructure du secteur de l'énergie deviendront une voie majeure d'investissements et de création d'emplois. De plus, l'investissement en capital dans les sables bitumineux et les pipelines, la production d'énergie et la transmission et la distribution d'électricité pourraient créer un million de nouveaux emplois d'ici 20 ans.

Aucune autre démocratie industrielle sur la planète n'aura une telle opportunité. Nous pouvons rebâtir notre pays et créer des emplois tout en conservant l'un des taux dette-PIB les plus bas au monde. Et tout ça sans avoir à stimuler l'économie par des dépenses ayant un effet à court terme.

Bâtir une nation demeure toujours un pari sur l'avenir. Cela nécessite du courage, de l'engagement et une vision, le tout tempéré par une évaluation éclairée de ce que l'avenir nous réserve.

Le Canada a besoin d'un leadership axé sur la coopération et porté vers l'avenir - une nouvelle vision collective du fédéral, à travers laquelle les gouvernements des provinces et du fédéral travaillent de concert afin de viser la position de tête au niveau mondial en développant nos ressources abondantes de manière durable.

Nous pouvons voir ce leadership au sein du gouvernement fédéral, lequel a fait montre d'une politique économique forte malgré une période d'incertitude. Et nous pouvons sentir ce leadership au niveau provincial également.