J'aimerais vraiment qu'on en finisse avec les mythes du long terme et de Warren Buffett.

Publié le 23 août 2011
Daniel Laplante<br><br><i>L'auteur est économiste et épargnant depuis plus de 25 ans.</i>

En janvier 1990, la bourse japonaise représentait le deuxième marché boursier au monde. Le Nikkei atteignait presque 39 000 points. Vendredi dernier, il clôturait à 8719 points. Que serait-il arrivé à un Japonais qui avait 60 ans à l'époque s'il avait suivi le conseil de M. Buffett? Il aurait perdu 78% de son portefeuille. Aujourd'hui, il aurait 81 ans et travaillerait toujours pour se ramasser un peu d'argent pour sa retraite.  Croyez-vous vraiment qu'il se dirait encore qu'il faut voir la bourse à long terme?

Warren Buffett n'investit avec aucun horizon de placement. Le long terme, dans un tel contexte, n'existe pas. Pour M. Buffett, la situation idéale est d'acheter une action et de ne plus jamais la revendre. Contrairement à M. Buffett, le petit épargnant achète dans le but d'utiliser son argent un jour. Nous ne pouvons donc pas prendre Warren Buffet comme modèle pour le petit investisseur.

M. Buffett est une exception. Au cours des 100 dernières années, sur les centaines de millions de personnes qui ont investi à la bourse à travers la planète,  il devait bien en avoir au moins une qui finisse milliardaire. Ce fut Warren Buffett. Est-ce si étonnant?  Nous avons vu apparaître un Warren Buffett un peu comme on voit apparaître un gagnant au 6/49.

S'il y avait une méthode pour faire mieux que le marché à la bourse, cette méthode permettrait à ses utilisateurs de dépasser les simples probabilités. Or, au moment où l'on se parle, personne n'est en mesure de nous présenter une telle méthode. D'ailleurs, la vaste majorité des fonds mutuels, gérer par des professionnels, n'arrive pas à dépasser les indices sur une période de 10 ans.

En matière de placements, je me limiterais à quatre conseils. Premièrement, épargner. Deuxièmement, veuillez à la préservation de votre capital. Troisièmement, rien n'est sûr, même les valeurs futures des obligations d'État sont incertaines. Pensez à la Grèce.

Quatrièmement, le rendement sur le capital est un business entre les mains de marchands d'illusions. Ils vous parleront de gestionnaires professionnels, de long terme et de la méthode Buffett. Mais, à la fin, vous paierez pour tous ces conseils et vos probabilités de faire mieux que le marché sera inférieur à 50%.