Les fusions forcées ont 10 ans. Jugez-vous, avec le recul, que ce fut une bonne ou une mauvaise décision? Les municipalités sont-elles mieux gérées ainsi? Ces fusions ont-elle eu un impact positif ou négatif sur votre compte de taxes?

Publié le 20 déc. 2010
LA PRESSE





MERCI DE NOUS AVOIR FAIT PARVENIR VOS COMMENTAIRES

Pour les villes centre

Je suis de Grand-Mère en Mauricie, j'y habite depuis une douzaine d'années, les fusions municipales ont bien servi les villes centre. Avec l'argent des taxes des petites villes qu'elles ont avalées, les dirigeants multiplient les infrastructures qui ne servent qu'à eux. Par exemple, mes taxes ont augmenté 350$ l'an passé. Shawinigan a bâti un aréna qui ne sert qu'à ses résidents. Voilà pourquoi les Québécois n'étaient pas d'accord avec les péquistes il y a 10 ans.



Alain Ouellette

* * *

Un système inefficace

Les fusions sont une bonne initiative, mais pas avec les bons dirigeants et il y a trop d'accommodements .Résultat: un royaume désuni avec des règlements disparates. Plus il y a de dirigeants, plus il y a d'incompétents, plus de polémiques, plus d'infractions et la gestion devient hors contrôle. Conclusion: une mauvaise gestion, avec de mauvais acteurs, dans un mauvais système.



François Maillet

* * *

Les fusions n'ont rien apporté à Jonquière

Je suis de Jonquière. Malgré les dires du maire Jean Tremblay, je ne vois pas ce que la fusion nous a apporté de plus. Nous avions, à l'époque, une excellente équipe à la mairie, peu de dettes, un nouveau barrage hydroélectrique très rentable, et nous profitions des taxes de l'Alcan. Depuis la fusion et toutes les chicanes qui ont suivi, les Jonquiérois ont perdu leur ville et n'ont reçu en partage qu'un arrondissement au pouvoir limité. Nous aurions pu partager des services comme l'avons toujours fait, en santé par exemple, sans tout chambarder en éloignant le citoyen du pouvoir. Quant aux économies d'échelle, ce sont des leurres. Tout est plus cher et dès qu'on crée une superstructure, on y met des hommes, et des bureaux, et des budgets de toutes sortes, et des commissions bidons, etc.



Gérard Côté

* * *

Identité? N'importe quoi!

Les commentaires sont nombreux sur la perte d'identité qu'auraient causée les fusions municipales. Je crois sincèrement que, pour Montréal, particulièrement, c'est n'importe quoi! À la question «de quelle ville venez-vous?, j'imagine mal un citoyen des arrondissements fusionnés répondre, lors d'un voyage à l'étranger, «je viens de Saint-Léonard». Prestigieux, international, ouf, les superlatifs manquent! Mais c'est où Saint-Léonard? Voyons! Le petit citoyen aurait répondu avec fierté: je viens de Montréal! Pensez-vous que Peter Trent, à New York, prétend venir de Westmount? Non, ça ne dit rien à personne Westmount! Pour les banlieues, je suis également sceptique à savoir comment on peut sentir une appartenance à une ville-dortoir! Par contre, pour Montréal, on peut condamner le gouvernement péquiste d'avoir manqué le bateau dans la fusion et, au gouvernement libéral, d'avoir manqué de cohérence dans ses décisions. Au PQ, il aurait été nécessaire d'analyser la structure administrative de la nouvelle ville de Montréal. Alléger les paliers et donner à la ville centre tous les pouvoirs qu'une vraie ville se doit d'avoir aurait été la seule alternative! Électoraliste à son habitude, le gouvernement Charest s'est mis à désarticuler l'unité de la ville en donnant le droit à la défusion. Grossière erreur, manque de leadership d'un premier ministre novice. Il aurait dû mettre les petits amis de l'ouest au pas dans un esprit d'adhésion à la ville centre. Pourquoi la ville de Québec a-t-elle autant le vent dans les voiles? C'est que personne n'est venu bousiller la charte de la ville. N'oublions pas que Montréal est la seule ville à avoir une charte des plus bancales donnant aux arrondissements des pouvoirs qu'ils ne devraient pas avoir. Trop d'élus, trop de structures, c'est ce qu'on retient, à Montréal du moins. Par contre, si la fusion de notre métropole avait abouti, il aurait été plus facile de faire preuve de vision à long terme que les isolements constatés actuellement sur l'ensemble de l'île.



Charles Martin, Montréal

* * *

Une catastrophe

Avec la fusion montréalaise, Lachine a reculé de 20 ans. Notre richesse locale a servi et sert encore à éponger l'immense déficit montréalais. À titre d'exemple, nous générons en taxes foncières près de 85 millions annuellement, mais nous recevons de Montréal plus ou moins 32 millions pour gérer. Notre budget est si anémique que nous ne pouvons plus entretenir nos plates-bandes, nous les rasons et les remplaçons par du gazon. L'état de nos rues locales et de notre parc industriel est pitoyable. J'arrête ici pour ne pas déprimer davantage. Avant la fusion, Lachine avait un budget de 48 millions (65 millions, moins 17 millions CUM). Pire encore, nous sommes le troisième arrondissement le plus taxé de Montréal. Les 15 ex-banlieues qui ont défusionné ont une marge financière supérieure à plusieurs arrondissements de Montréal, même après paiement de leur importante quote-part à l'agglomération et à la CMM. Voilà en partie les raisons qui ont entraîné ma démission du parti Union Montréal



Jean-François Cloutier, avocat, conseiller d'arrondissement du district du Fort-Rolland, arrondissement de Lachine, Ville de Montréal

* * *



De gros espoirs au désespoir.

J'habite en banlieue. Tout le monde semble penser que les fusions ne concernent que Montréal, mais il y a eu des fusions forcées à la grandeur du Québec. Ces fusions imposées par le gouvernement du Québec, dirigé par le Parti Québécois étaient censées apporter des économies d'échelle dont tout le monde profiterait. Je me rappelle très bien qu'à l'époque, les opposants avançaient le fait que partout où le processus fut amorcé, les coûts furent démentiels. Les fusions de la région de Toronto auraient dû servir d'avertissement. Les résultats sont: aucune réduction des coûts, plutôt une augmentation exponentielle. Au lendemain des fusions forcées, force est de constater que les économies d'échelle ont plutôt laissé la place au nivellement par le haut de toutes les conventions collectives. De plus, il n'y a pas, à ce que je sache, d'endroits où les cols bleus et blancs ont perdu leurs emplois. Où sont les économies? J'accepte le fait que les taxes municipales doivent augmenter au même rythme que le coût de la vie et même un petit peu plus si un projet municipal apparaît dans le décor. Je suis prêt à payer si en fin de compte il y a amélioration des infrastructures existantes. Dans mon coin de pays, mon compte de taxes a plus que doublé en 10 ans. Je n'ai constaté aucune amélioration des services offerts aux citoyens. Il est inutile, je crois, de décrire toutes les difficultés que rencontrent actuellement les citoyens de Montréal. Disons seulement qu'il y a beaucoup de roitelets d'arrondissements qui ne peuvent travailler aussi bien avec les autres qu'a l'époque ou tout était centralisé. Je ne dis pas que le système était idyllique a cette époque, disons seulement qu'il fonctionnait nettement mieux qu'aujourd'hui. De plus, il y a beaucoup trop d'élus et de conseillers actuellement à Montréal. Ce sont des salaires en trop, et comment garder le contrôle sur une telle cour de récréation? Alors, les fusions municipales, bonne ou mauvaise chose? Espérons que l'avenir soit plus prometteur que le passé. Pour l'instant, l'enthousiasme est à plat. Pour terminer, je suis partisan de l'indépendance du Québec, mais comment accorder un tel mandat à un parti politique quand celui-ci a déjà démontré qu'il faisait fi des autres et qu'il pouvait très bien aller de l'avant avec un projet même contre vents et marées?

Patrick Bardoul

***

Très mauvaise chose

Que de problèmes dans les arrondissements.  Même plus le droit d'être pompiers volontaires. Syndicats, syndicats!  La supposée économie à l'échelle de madame Louise Harel est un échec, car, depuis ce temps, nous n'avons que des augmentations de taxes de toutes sortes et moins de services. Montréal voulait les fusions afin d'aller chercher l'argent dans les municipalités pour prévenir la faillite de la ville de Montréal qui l'était probablement déjà, d'après les ouï-dire et elle s'est encore plus embourbée avec les augmentations du maire aux employés et ingénieurs.   Les villes de Londres, Toronto et des États-Unis ont moins de fonctionnaires que Montréal et Québec et ont gelé les augmentations de salaire ainsi que les dépenses.

Gaëtane Borduas-Martin, Gestionnaire

***

Ce fut un manque de vision

Les taxes augmentent depuis l'an 2000 et jamais le budget n'est équilibré, et cela, même si l'inflation est minime depuis dix ans. La ville de Montréal  perçoit plus de 50 % en taxe municipale, mais cela ne semble être suffisant pour combler une mauvaise gestion. De plus, cette fusion fut ratée, car les municipalités riches sont encore défusionnées. C'est un manque de vision de nos dirigeants provinciaux et municipaux.

R. Fournier

***

Ruse

Ce ne fut qu'une ruse du Parti québécois pour éliminer les villes bilingues.

Yvon Porlier

***

Des dirigeants déconnectés

J'ai toujours pensé que plus grand est l'éloignement entre le dirigeant et le dirigé, plus le dirigeant est déconnecté de la réalité du dirigé. Avec la vue des 10 ans des fusions, cette pensée est plus vraie que jamais, les élus sont complètement déconnectés, en plus ils désintéressent le citoyen aux affaires municipales. Je commence même à penser que c'était peut-être le but, afin de laisser le libre cours aux abus de tous genres : corruption, copinage, cupidité, etc.  Tant et aussi longtemps que les citoyens ne reprennent pas en main leur destiné, j'entends par ceci revendiquer leur droit de démocratie et demander à leurs élus de diriger selon les intérêts du peuple, les citoyens seront à la merci des gens maux intentionnés du système.

Léon Poirier, Infographiste

***

Montréal, ville tronquée

Le projet d'Une île, une ville du maire Pierre Bourque était excellent et s'il avait eu le temps de faire ses preuves, je suis de ceux qui y voyaient l'occasion d'unifier, d'harmoniser et de coordonner tous les services offerts par la Ville à ses citoyens. Ce sont les défusions prônées par Jean Charest et par Gérald Tremblay qui ont précipité la Ville dans une superstructure administrative qui, aujourd'hui, la paralyse et la rend très peu efficace. On peut dire que Gérald Tremblay goûte à ce qu'il a lui-même créé avec Jean Charest et avec tous les autres ténors «défusionnistes», c'est-à-dire une ville confédérée, difficilement gouvernable, et constamment ralentie par ses nombreuses contraintes administratives. Il aurait suffi d'un peu de temps pour faire la preuve qu'Une île, une ville était un projet réalisable, rentable et enrichissant pour toute la collectivité, il suffit de penser à l'unification de toutes les collections des bibliothèques publiques ainsi mises à la disposition de tous les résidents de Montréal, et que dire de la centralisation des services de voiries, d'aqueduc, des systèmes informatiques, etc.  Le projet était trop beau, trop grand pour les petits politiciens arriéristes et opportunistes et ils ont défendu leur peau au détriment de la collectivité. Qui saura rendre la vie et la souplesse administrative à Montréal, ville maintenant à demi paralysée et dépourvue de toute sa partie ouest. Montréal, ville tronquée, mutilée par ses propres dirigeants!

Michel St-Pierre, Montréal

***

Nous avons beaucoup perdu

Les fusions, je ne les digérerai jamais, et ne voterai plus jamais pour ce parti, responsable d'un tel gâchis. Les fusions étaient pour renflouer les grosses villes mal administrées. Nous, au Saguenay, nous avons perdu beaucoup, perdu notre identité, notre patrimoine, sans compter les pertes financières des commerçants. Nous devons vivre comme toutes les villes fusionnées pour remplir les coffres de ces grandes villes. Ce n'est plus gérable, car plus c'est gros, plus c'est chaotique. Ces grandes villes en demandent plus aux citoyens, les égorgent de plus en plus chaque année. Maintenant, les petites villes fusionnées doivent se museler et plier l'échine. Nous n'avons plus la liberté de parole au Québec, et pourtant c'est grâce aux petits villages et petites villes que le Québec a grandi, et ces grandes villes nous ont tout pris.

Danielle Thibeault, de la Baie, une jolie petite ville.