Nos jeunes sont de plus en plus sédentaires, ils épaississent, ils s'essoufflent à rien... Chaque étude le confirme, chaque statistique renforce la tendance.

Publié le 5 févr. 2011
François Cardinal LA PRESSE

Nos jeunes sont de plus en plus sédentaires, ils épaississent, ils s'essoufflent à rien... Chaque étude le confirme, chaque statistique renforce la tendance.

Et pourtant, ce problème de santé publique a beau s'aggraver, on en vient toujours à une seule et même solution: miser davantage sur l'éducation physique à l'école. Encore cette semaine, Kino-Québec transmettait un avis au gouvernement recommandant d'«augmenter le nombre hebdomadaire de cours, l'idéal étant au moins un cours par jour».

En effet, ce ne sont pas les deux modestes heures obligatoires par semaine qui transformeront les élèves du primaire en autant d'Alex Harvey... Mais aussi séduisante soit-elle, cette avenue a peu d'avenir tant elle est parsemée d'embûches, du faible nombre d'éducateurs physique à l'occupation des gymnases, en passant par l'horaire déjà chargé des écoliers.

Et si la solution était ailleurs? Si nous cessions d'obséder avec l'«éducation physique» pour regarder du côté de l'«activité physique»?

Après tout, ce que les statistiques nous disent, c'est que nos jeunes ont davantage besoin de bouger que d'apprendre comment bouger. Statistique Canada soutient qu'à peine 7% des jeunes s'activent plus d'une heure par jour, soit le niveau d'activité recommandé (celui-là même qui vient tout juste d'être révisé à la baisse !).

Ce n'est donc pas en ajoutant une heure de cours d'éducation physique ici et là que l'on renversera une telle tendance. Surtout qu'on surestime le temps passé à suer pendant ces 60 minutes obligatoires: à peine 24 minutes, selon les études, sont réellement consacrées à bouger...

Il faut donc porter son regard ailleurs, mais où? Vers la récréation, l'heure du repas et surtout, le service de garde. Voilà autant de plages horaires actuellement négligées.

À preuve, la sacro-sainte récré ne l'est justement plus, sacro-sainte. À Montréal, selon l'unique étude réalisée sur la question, à peine la moitié des écoles primaires publiques offrent deux périodes de récréation par jour. Les autres se contentent d'une seule afin d'éviter le temps perdu à s'habiller ou à se chamailler...

La situation n'est guère mieux au service de garde, où l'on retrouve tout de même la moitié des élèves québécois, voire les deux tiers en zones urbaines. Des élèves qui sont souvent obligés de faire leurs devoirs immédiatement après la fin des classes, qui sont fréquemment retenus entre quatre murs, qui fréquentent trop peu le gymnase et la cour.

Toutes les raisons sont bonnes, du manque de formation des éducateurs à la location de la palestre par la municipalité, en passant par le match hebdomadaire de volley-ball des profs qui monopolisent le gymnase dès la fin des cours...

D'où la nécessité, pour le ministère de l'Éducation, de lancer un mot d'ordre clair aux directions scolaires: la majorité du temps passé à l'école, en dehors des cours, doit impérativement être consacré à des activités psychomotrices. Il en va de la santé, physique et mentale, de nos jeunes.

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