Il est étonnant de voir les anglo-catholiques mener un combat qui ne semble pas intéresser les écoles privées francophones. Si la Fédération des établissements privés a mené quelque action pour empêcher l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) aux écoles privées, rien n'en a transpiré dans les médias. Si on se réfère à certains reportages montrant l'enthousiasme de certains établissements privés dans l'implantation de la réforme, je ne serais pas surpris que la plupart des écoles privées francophones aient implanté ce cours d'ECR avec leur obéissance habituelle face aux ordonnances du ministère de l'Éducation.

Louis Dion<br><br><i>L'auteur est directeur général d'un établissement privé à la retraite.</i> CYBERPRESSE

Il est étonnant de voir les anglo-catholiques mener un combat qui ne semble pas intéresser les écoles privées francophones. Si la Fédération des établissements privés a mené quelque action pour empêcher l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) aux écoles privées, rien n'en a transpiré dans les médias. Si on se réfère à certains reportages montrant l'enthousiasme de certains établissements privés dans l'implantation de la réforme, je ne serais pas surpris que la plupart des écoles privées francophones aient implanté ce cours d'ECR avec leur obéissance habituelle face aux ordonnances du ministère de l'Éducation.

Pourtant, l'école privée francophone a toujours dispensé l'enseignement religieux catholique, certaines n'offrant même pas de possibilité d'exemption. C'est d'ailleurs cette longue tradition qui, à mon avis, a permis au réseau privé québécois francophone de durer et qui, jusqu'à un certain point, justifie sa pertinence. Pourquoi la société subventionnerait-elle des écoles privées qui ne se distinguent en rien des écoles publiques sinon dans le fait d'appliquer mieux qu'elles les diktats des réformes?

Les écoles publiques brillent dans l'internationalisme, le multiculturalisme et l'écologie. Il n'y a donc pas dans ces avenues de caractère spécifique digne des écoles privées. Les écoles privées francophones, au Québec, n'ont d'avenir que si elles continuent de s'inscrire dans la tradition catholique qui inspira leurs fondateurs. En France, pays de la laïcité absolue, les écoles privées n'existent que parce qu'elles sont catholiques.

Le réseau des écoles privées francophones subventionnées ne veut pas d'affrontement avec le ministère. Il se fait obéissant et servile, croyant ainsi n'être jamais remis en question. Pourtant, plus les écoles privées subventionnées ressembleront aux écoles publiques, moins elles seront pertinentes.

Même dans ma huitième année en retraite, je ne peux m'empêcher de réfléchir à la pertinence et à l'avenir de l'école privée subventionnée. Mais plus je m'éloigne de mon engagement comme directeur d'une école privée, plus je m'intéresse à cette question comme citoyen et comme contribuable.