C'est presque toujours un mauvais signe (vital): quand un grand réseau n'organise pas de visionnement de presse pour un produit vedette signé par une de ses plus grandes vedettes, c'est qu'il y a une couille dans le potage, comme disent les Français.

Hugo Dumas LA PRESSE

Ce fut le cas pour Trauma 2, suite du drame médical pondu et produit par Fabienne Larouche. Pas de rencontre de presse ni de projection publique, rien du tout, avant la diffusion du premier épisode d'hier soir. Pourquoi? Parce que la première mouture de Trauma n'a pas séduit la critique et que les papiers publiés avant sa sortie ont été aussi froids qu'un cadavre à la morgue? Allez savoir.

De toute façon, Radio-Canada a erré dans sa stratégie de relations publiques, car cette première heure de Trauma 2 a annoncé de bien jolies choses pour le reste de la saison. Fini la philosophie médico-rébarbative, le prêchi-prêcha rasoir ou le postulat pompeux de «l'être médecin», Fabienne Larouche se concentre désormais sur sa grande force, celle de planter des intrigues au coeur de l'action.

Pour ceux qui l'ont raté, cessez de lire cette chronique immédiatement car vous risquez d'attraper des bribes qui gâcheront votre écoute en différé. Ça va? Parfait. Le ton nerveux de Trauma 2 a été donné dans les premières secondes avec l'attentat raté sur le motard Maxime «Bambi» Martel. Suivra une série de fusillades, donc plusieurs cas lourds pour les traumatologues de Saint-Arsène.

Le problème, c'est que la chef du service, Julie Lemieux (Isabel Richer), souffre d'anxiété grave après sa rupture d'anévrisme la saison dernière. Et son remplaçant, le Dr Pierre Meilleur (James Hyndman), est encore plus macho, arrogant et détestable avec ses collègues.

On a d'ailleurs senti plus de chaleur et d'humanité entre les personnages de Trauma, notamment dans une scène touchante où Julie Lemieux confie son désarroi à l'urgentologue David Roche (Christian Bégin).

Oui, Julie Lemieux expérimente encore beaucoup trop avec le flash-back. Point positif: ces retours dans le passé ont fait disparaître - du moins pour l'instant - les soporifiques séminaires de psychanalyse d'Antoine Légaré (Gilbert Sicotte). La scène finale de l'épisode mettant en vedette Sophie Léveillée (Laurence Leboeuf) et le frère du motard blessé (Normand D'Amour) a été d'une cruauté et d'une brutalité insoutenables. Chapeau aux deux comédiens pour leur interprétation juste et bouleversante.

C'est quasiment impossible de se forger une opinion claire sur une série en ne se basant que sur les 60 premières minutes. Chose certaine, si les autres épisodes s'inscrivent dans cette lignée allumée, ce Trauma 2, en se rapprochant plus de E.R. et de Grey's Anatomy que du Discours de la méthode de Descartes, risque de cartonner très fort. La réalisation de François Gingras est tout aussi étincelante et les images de Montréal, magnifiques.

Avis aux fans: Ariane Moffatt, sublime sur la trame sonore de la première saison de Trauma, continue de chanter dans les moments cruciaux. Dans le premier épisode, elle s'attaque à Brain Damage de Pink Floyd.

Baisse pour le Bye Bye

Le Bye Bye si décrié de 2008 conserve son titre de champion des cotes d'écoute. En effet, avec leurs 2 315 000 accros réunis le soir du 31 décembre 2010, Véronique Cloutier et Louis Morissette n'ont pas réussi à éclipser la marque record établie le 31 décembre 2008, où 2 668 000 fidèles avaient croqué dans leur mauvaise revue de fin d'année, qui avait déboulé sur un scandale politico-médiatique d'une ampleur insoupçonnée.

Comme quoi, oui, la controverse a été payante en BBM pour les Cloutier-Morissette. Au total, en incluant la reprise du 1er janvier, 4 135 000 personnes ont vu ce célèbre Bye Bye 2008, en comparaison avec 3 645 000 pour les deux diffusions combinées du Bye Bye 2010.

Malgré cette chute dans les sondages, le Bye Bye 2010 a décroché une part de marché monstre digne de TVA: entre 23h et 0h30 dans la soirée du 31 décembre, 82% des Québécois francophones qui regardaient la télé avaient syntonisé la SRC. C'est beaucoup, beaucoup de monde.

Ces chiffres n'incluent pas les téléspectateurs (comme moi) qui ont visionné le Bye Bye sur le web ou ceux qui l'ont enregistré pour le critiquer plus tard.

Toujours le 31 décembre, Infoman a rameuté 1 222 000 curieux à l'antenne de Radio-Canada, Laflaque a attiré 717 000 personnes et les tours mystérieux de Luc Langevin à Comme par magie ont intéressé 850 000 fans. À TVA, la présentation de Dieu, merci: l'année est finie! a récolté une audience de 1 336 000, ce qui la place au deuxième rang des émissions les plus populaires de la Saint-Sylvestre.

Après en avoir attrapé quelques bribes ce week-end, je comprends Éric Salvail d'avoir quitté l'animation de Dieu, merci. Le concept s'essouffle et l'effet de surprise ne fonctionne plus aussi efficacement. Dommage. On a l'impression de revoir le même show encore et encore et encore.