L'âge de la moitié des internautes qui visionnent des émissions sur Tou.tv oscille entre 18 et 35 ans. C'est une grosse proportion, surtout quand on sait que cette tranche ne constitue que 23 % de l'audience d'une chaîne traditionnelle comme Radio-Canada.

Publié le 20 oct. 2010
Hugo Dumas LA PRESSE

En moyenne, un utilisateur de Tou.tv regarde 11 vidéos par mois et depuis son lancement le 26 janvier, la plateforme propulsée par la SRC a enregistré 18 millions de branchements. Pour votre info, un branchement se calcule à toutes les fois où un consommateur dévore une séquence jusqu'au premier bloc de publicité. «Tou.tv ne cannibalise pas la télé traditionnelle. Il rend accessible les produits et contribue à faire grossir les marques, à augmenter leur notoriété», note la directrice générale des services numériques de Radio-Canada, Geneviève Rossier.

Pour tout fan du petit écran, Tou.tv est une invention formidable, qui permet de se raccrocher gratuitement à toutes nos séries préférées en un clic de souris. Le nouveau site de V (vtele.ca) offre également un contenu costaud à ses téléspectateurs branchés. Chez TVA, ouf, l'offre de télé en rattrapage sur le web est d'une pauvreté désolante et il faut être un client du service Illico de Vidéotron pour revoir des émissions que l'on a ratées.

Selon le directeur des contenus web de Radio-Canada, Jérôme Hellio, les cotes d'écoute de la SRC n'ont pas souffert de la naissance de Tou.tv. «La télévision n'est pas sur le point de disparaître. Elle va rester très, très forte», ajoute Geneviève Rossier.

Évidemment, Tou.tv n'engrange pas encore de profits «mais le plan d'affaires prévoit une rentabilité dans un horizon qui a beaucoup d'allure», indique Geneviève Rossier.

Et que répond la SRC aux critiques de ses compétiteurs du secteur privé, notamment de Pierre Karl Péladeau, grand patron de Quebecor, qui allègue que Tou.tv «met en danger le système canadien de radiodiffusion en offrant gratuitement des contenus télévisuels hautement financés sur l'internet»? «Notre modèle fonctionne. Nous n'agissons pas de manière irresponsable. Radio-Canada a un mandat différent et Tou.tv est accessible partout au pays, pour tout le monde», réplique Geneviève Rossier de Radio-Canada.

En décembre, Tou.tv lancera des applications iPad et iPhone. Des nouveaux épisodes d'En audition avec Simon ont aussi été ajoutés au menu. Julie Perreault et Marcel Leboeuf participent aux deux premiers. La série Temps mort a aussi repris du service et plus tard cet automne, vous pourrez consommer virtuellement trois nouvelles webproductions, soit Dakodak.tv, Zieuter.tv et Neuroblaste.

Les plus jeunes qui n'ont pas saisi toutes les références du dernier épisode de Tout sur moi pourront se reprendre en s'enfilant la première saison de La vie la vie, maintenant disponible sur Tou.tv. Aveux y est aussi de retour. La quatrième saison de Sophie Paquin également.

Le top 10 des émissions les plus populaires de Tou.tv de septembre se lit comme ceci: La galère trône en première position, suivie des Rescapés, Mauvais karma, Tout sur moi, Les enfants de la télé, Les Parent, Les chefs, En audition avec Simon, 3600 secondes d'extase et Virginie.

Enfin, Les rescapés décollent

Il a fallu six heures pour que Les rescapés nous captivent et nous accrochent à leur voyage dans le temps sur fond d'incendies criminels à caractère religieux. Six épisodes, imaginez-vous, c'est quasiment une demi-saison. En télévision, c'est beaucoup trop long pour distiller si peu d'indices sur des intrigues touffues. Résultat? Les fans de science-fiction dramatique ont déserté: entre le premier et le quatrième épisode des Rescapés, les cotes d'écoute ont chuté de 32 %.

N'empêche. L'épisode du 12 octobre a, Dieu merci, collé quelques morceaux du puzzle. Enfin, les univers de Gina McRae et de la famille Boivin se sont croisés, car cette chasse à l'homme s'étirait de façon inutilement compliquée.

La rencontre entre Charles Boivin, Viateur Bolduc et Thérèse Desbiens a aussi permis d'éclaircir le mystère de la téléportation de 1964 à 2010 (une sorte d'incantation camouflée dans un livre secret). Et le lien entre les feux et le saut de 1964 à 2010, qui ne semblait pas du tout cadrer dans le récit au départ, se dessine plus clairement. Enfin, un peu de viande scénaristique à mastiquer.

Avec autant de talent dans Les rescapés, ç'aurait été dommage de les larguer. Reste que la zapette n'est jamais très loin sur la table à café Stockholm. Notre patience a des limites.

Photo: Radio-Canada

La galère trône en première position des émissions les plus populaires sur Tou.tv.