Une grosse question après le premier - et trop long - tour de patinoire de La série Montréal-Québec sur les ondes de TVA hier soir: l'attachement envers ces 32 joueurs inconnus sera-t-il assez fort pour nous arracher à Tout le monde en parle, qui reprend les ondes le 31 janvier à Radio-Canada?

Mis à jour le 25 janv. 2010
Hugo Dumas LA PRESSE

Pas du tout certain. Hier, la présentation des hockeyeurs, enrobée d'une riche sauce 100 % émotive à la Star Académie, s'est étirée inutilement, nous faisant décrocher à plusieurs reprises. Fallait-il à ce point insister sur le cancer de la mère du joueur X, la pelade de Y ou la masse non cancéreuse qui a été retirée du nez de Z? Quand un des joueurs - Rock Roy, 50 ans - a lancé un cri du coeur à son père pour qu'il vienne enfin le voir jouer, après une longue querelle, on se serait cru aux Retrouvailles de Claire Lamarche.

Les premiers témoignages de ces nouvelles vedettes de la télérivalité ont beaucoup tourné autour du thème: «Oui, j'ai été recruté pour le junior majeur, mais (insérez ici un événement triste ou dramatique) m'a empêché de réaliser mon rêve, alors je me reprends!»

Puis, le capitaine des Bleus - David Lessard - a piqué une fouille en posant le patin sur la patinoire. Petit malaise. Ça n'augure pas bien pour le reste de la saison. Toujours du côté de Québec, quelques vedettes locales ont été repêchées, dont Karl Gélinas, un lanceur de baseball pour les Capitales de Québec, qui a déjà été pincé pour dopage alors qu'il évoluait pour un club-école des Angels d'Anaheim. Voulant galvaniser ses troupes, le maire Régis Labeaume, d'habitude très «kid kodak», a rendu un discours plutôt rasoir. Bof.

Il a fallu attendre 1 h 15 avant que la présentation de la formation montréalaise de ce Star Académie en patins ne décolle. Encore ici, des cas lourds, dont un accident de tracteur et un coup de hockey vicieux qui a anéanti une carrière dans le midget AAA.

Toujours chez les Rouges, le frère de la plongeuse Myriam Boileau, Daniel Boileau, qui a été nommé capitaine, évoluera aux côtés de deux policiers, un conducteur de Zamboni, un optométriste, un facteur, un charpentier, un courtier en assurances, un kinésiologue et un Tanguy. Équipe hétéroclite, dites-vous? Même situation à Québec, où s'aligneront notamment un remorqueur, un téléphoniste, un pompier, un dessinateur et un journaliste à L'Acadie Nouvelle, soit Bruno Richard.

Absent de l'auditorium de Verdun - il a d'ailleurs été hué par la foule -, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a donné son message d'encouragement par vidéo et n'a guère été plus flamboyant que son rival de l'autre bout de la 20. Re-bof.

Côté charisme et répliques truculentes, Michel Bergeron a volé la vedette à Guy Carbonneau. C'est clair: Bergie fait de la meilleure télé. 1-0 pour Québec là-dessus. Côté hymne, autre point pour la Vieille Capitale: la chanson de Loco Locass déménage pas mal plus que celle composée par Éric Lapointe et Roger Tabra. Bémol ici: la musique tonitruante a enterré à peu près toutes les paroles des deux pièces.

À l'animation, Marie-Claude Savard n'a pas décroché beaucoup de temps de glace. Et les quelques fois où elle a empoigné le micro, elle récitait un peu trop mécaniquement ses phrases. Le président d'honneur de l'émission, Guy Lafleur, ne remportera pas non plus de prix pour le discours le plus enlevant. Au moins, l'arbitre Ron Fournier a injecté un peu d'humour et de spontanéité à cette soirée linéaire de près de trois heures.

En direct de la passerelle, Pierre Rinfret et Yvon Pedneault ont hérité d'une tâche ingrate, soit celle de présenter la fusillade impliquant tous les joueurs des deux clans (c'est beaucoup trop), ce qui ne cadrait pas vraiment avec le reste de la programmation. Longueur, longueur. Comme les entrevues avec les familles: trop long, très peu intéressant.

Sur la glace, le gardien de Montréal, Rémy Leduc, en a arraché. Solidement. Il a laissé passer les cinq premières rondelles. A-t-il été aveuglé par la fumée qui flottait dans l'aréna?

Parmi les bons coups, notons la séquence d'ouverture d'une vingtaine de minutes sans interruption publicitaire, qui a été bricolée de façon hyper efficace. Il aurait cependant fallu mettre la pédale douce sur l'omniprésente musique de style péplum hollywoodien, qui rappelait le film Gladiateur. Quant au numéro musical d'ouverture, il a été efficace, nous rappelant les talents de Jean Lamoureux, le metteur en scène des excellents galas dominicaux de la Star Ac. Mais du «gumboots» sur patins, voulait-on vraiment ça dans une soirée de hockey?

Ah oui, dernier truc: les allusions au but d'Alain Côté, autant dans l'émission même que dans les pubs de Vidéotron, plus capable. Pourrions-nous passer collectivement à un autre appel? Merci.

 

Photo: François Roy, La Presse

Derrière le banc des Rouges, Guy Carbonneau (au centre) est appuyé de Patrice Brisebois et Serge Boisvert.