Le climat de travail s'empoisonne au 10e étage de l'édifice de TVA, boulevard De Maisonneuve, où logent les salles de rédaction de l'antenne principale, de LCN et de la chaîne Argent.

Mis à jour le 11 févr. 2009
Hugo Dumas LA PRESSE

De bureau en bureau, d'un couloir à l'autre, une pétition d'appui à Sylvain Drapeau circule et récolte de nombreuses signatures. Les journalistes de la boîte digèrent très mal que ce reporter expérimenté ait été suspendu une journée (sans salaire) pour avoir malencontreusement échappé, en direct sur les ondes de LCN, le nom de l'entreprise pour laquelle bosse le milliardaire montréalais surnommé «Éric» dans le procès très médiatisé qui l'oppose à son ex-femme, «Lola».

 

Un bête lapsus, une erreur commise de bonne foi, qui ne méritait pas une sanction aussi lourde et sévère, plaide le vice-président par intérim du Syndicat des employés de TVA, Réjean Beaudet. En suspendant Sylvain Drapeau et en lui collant un avis disciplinaire, la direction de l'information de TVA ne souhaitait qu'une chose: «imposer un climat de terreur dans les salles de nouvelles», note Réjean Beaudet.

Résultat: un vent d'indignation souffle dans les coulisses du «vrai» réseau et «l'ambiance devient de plus en plus lourde, voire toxique», argue le syndicat. D'autant plus que la feuille de route professionnelle de Sylvain Drapeau, chez TVA depuis 1990, était vierge de tout incident avant cette bourde. Joint hier, le journaliste puni a préféré ne pas commenter. Selon mes sources, il a été très ébranlé et se bat pour effacer cette tache inutile à son dossier.

Réaction des patrons? «Oui, il y a eu une erreur et Sylvain Drapeau a été suspendu pendant une journée. Pour le reste, c'est de la régie interne. TVA ne commente pas les dossiers personnels de ses employés sur la place publique», précise la porte-parole du réseau, Nicole Tardif.

Et le climat de terreur? Inexistant, tranche la direction. «C'est un agenda d'un agenda lié à une autre entreprise. Les nouvelles vont super bien. Nous sommes très satisfaits», poursuit Nicole Tardif.

En clair, affirme la direction, c'est que les syndiqués de TVA, dont la convention collective expire le 31 décembre 2009, se battent aussi pour leurs collègues du Journal de Montréal, où un lock-out a été décrété le 24 janvier. La station de télé et le quotidien appartiennent, faut-il le rappeler, à Quebecor Média.

Peu d'employés de TVA ont été réprimandés aussi durement que Sylvain Drapeau. Pourtant, la chaîne de télé a commis des erreurs bien plus graves dont celle d'annoncer - faussement - dans Le TVA 18 h du 14 février 2006 la mort d'Hughette Proulx.

Dans un autre dossier, le Syndicat des employés de TVA s'inquiète que des textes rédigés pour le site web de la chaîne numérique Argent aient été imprimés intégralement dans les pages économiques du Journal de Montréal sous la signature de QMI, l'agence créée par Quebecor Média pour nourrir ses multiples plateformes.

Cette manoeuvre transforme des journalistes d'Argent en briseurs de grève et entache leur réputation, allègue la vice-présidente à l'information du syndicat de TVA, Nathalie Blais.

Faux, réplique la vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor, Isabelle Dessureault. «Il s'agit de matériel écrit pour le web. Une fois que le texte est publié en ligne, il est repris par l'agence QMI et peut, ultimement, apparaître dans Le Journal de Montréal. Nous sommes en plein droit d'utiliser ces nouvelles-là», détaille-t-elle.

Puisque nous y pataugeons déjà, restons dans les nouvelles de l'Empire. Le rédacteur en chef du Journal de Montréal, Dany Doucet, a déposé hier une poursuite de 150 000 $ contre le chroniqueur médias de l'hebdomadaire Voir, Steve Proulx.

Le noeud de l'histoire? Dany Doucet estime que sa réputation a été salie par un billet publié le 22 janvier, soit deux jours avant le début du lock-out, sur un blogue hébergé par Voir.ca.

Dans le texte litigieux, qui a disparu 48 heures après sa mise en ligne, Steve Proulx reproduisait un courriel fielleux envoyé par le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM) à ses 253 membres. On pouvait notamment y lire des propos très crus sur la supposée incompétence des cadres et leur soi-disant acharnement à détruire la crédibilité du quotidien de la rue Frontenac.

Le plus ironique, c'est que Steve Proulx a paraphé, en juillet 2007, un joli contrat avec les éditions du Trécarré pour l'écriture d'une série de huit romans jeunesse. Et qui possède Trécarré? Bingo! Quebecor Média. D'une main, l'Empire donne. Et de l'autre, il reprend. Trouvez l'erreur.

L'effet Star Académie

L'engouement pour Star Académie 4 se propage à toute la grille de TVA. Lundi soir, la première quotidienne de la Star Ac a rivé 1 718 000 accros à leurs téléviseurs. Toutes les émissions entourant la téléréalité vedette de Julie Snyder ont profité de son magnétisme, autant Les gags (1 368 000), qu'Annie et ses hommes (1 306 000).

À Radio-Canada, toutes les émissions millionnaires ont chuté sous la barre magique, mais de peu. Selon les chiffres fournis par BBM, 855 000 personnes ont regardé Les Parent, 979 000 fidèles ont choisi L'auberge du chien noir et 976 000 autres ont opté pour Les boys. Tout sur moi a chuté à 465 000 fans. Chez TQS, CSI: NY a grimpé jusqu'à 365 000 téléspectateurs.