Aujourd'hui, nous célébrons le Cyber Monday, jour dédié à l'achat en ligne. Cette fête suit le Black Friday, course folle aux aubaines dont la tradition est établie. Ainsi que le Small Business Saturday, incitant à acheter chez les petits commerçants locaux.

Mis à jour le 28 nov. 2011
Mario Roy LA PRESSE

Phénomène uniquement américain, que tout ça? Plus maintenant.

Créé il y a six ans aux États-Unis, le Cyber Monday est dorénavant implanté en Europe. Et il est connu de 52% des Canadiens: un établissement comme eBay Canada espère servir aujourd'hui 500 000 clients.

Et si le Small Business Saturday n'a que deux ans et est trop jeune pour sortir du berceau américain, le Black Friday, lui, est adulte. Les Canadiens le célèbrent notamment en magasinant... aux États-Unis, où les prix demeurent plus bas même si beaucoup de filiales canadiennes de grandes chaînes offrent des rabais.

Tous les vieux grognons de ce monde déplorent depuis longtemps la transformation de grandes fêtes païennes ou religieuses en foires commerciales. Mais aujourd'hui, il y a vraiment motif à grogner. Avec ces jours rebaptisés au nom du commerce, on ne se donne même plus la peine d'utiliser un prétexte - Noël, Pâques, fête des Mères ou des Pères - pour justifier la rage collective de consommation.

C'est le magasinage en soi qui est ouvertement célébré, qui provoque des transes. Et quelles transes!

Aux États-Unis, une femme s'est frayé un chemin dans la cohue en utilisant du poivre de Cayenne (20 blessés). Un consommateur a été arrêté alors qu'il secourait son petit-fils piétiné. Des bagarres générales ont éclaté autour des serviettes de bain à 88 cents...

Peu de gens semblent avoir noté que ce même vendredi était aussi la Journée internationale sans achat, soutenue par le magazine canadien Adbusters, également commanditaire du mouvement Occupy Wall Street. Or, les 99% chers aux indignés ont dépensé en un seul jour 1,4 milliard$ US, une hausse record de 6,6% par rapport à l'an dernier, même s'ils n'ont pas les scandaleux moyens des 1%!

Que faire, donc, en cette période de tentation et d'excès?

«Posséder et être heureux ne s'équivaut pas: l'Amérique est au premier rang en matière de dépression», rappelle Joshua Becker dans Simplify, un livre offert uniquement en format numérique et à petit prix (2,99$ US, non traduit en français). Becker n'est pas un gourou barbu en toge et en sandales prêchant la simplicité extrême de Diogène ou des anticapitalistes. C'est un père de famille ordinaire qui ne suggère que le retour du bon sens en matière de consommation.

À la lumière de ce que nous venons de voir, ça nous semble plein de bon sens, justement.