Sous la pression de certains militants, la chef du PQ, Pauline Marois a annoncé qu'elle commandera une mise à jour de certaines études faites par le passé sur l'impact de l'indépendance. Ce bonbon satisfera peut-être les péquistes impatients. Toutefois, il est difficile d'imaginer que ces nouvelles études nous apprendront quelque chose de neuf. L'impact juridique, économique, bureaucratique, militaire et financier de la séparation du Québec a été analysé sous toutes ses coutures depuis 40 ans. Les dizaines d'études faites à ce sujet n'ont pas convaincu une majorité de Québécois; le simple bon sens leur indique que, peu importe les scénarios pondus par des professeurs d'université, l'accession du Québec à l'indépendance entraînerait une foule de difficultés.

Publié le 5 nov. 2010
André Pratte LA PRESSE

Sous la pression de certains militants, la chef du PQ, Pauline Marois a annoncé qu'elle commandera une mise à jour de certaines études faites par le passé sur l'impact de l'indépendance. Ce bonbon satisfera peut-être les péquistes impatients. Toutefois, il est difficile d'imaginer que ces nouvelles études nous apprendront quelque chose de neuf. L'impact juridique, économique, bureaucratique, militaire et financier de la séparation du Québec a été analysé sous toutes ses coutures depuis 40 ans. Les dizaines d'études faites à ce sujet n'ont pas convaincu une majorité de Québécois; le simple bon sens leur indique que, peu importe les scénarios pondus par des professeurs d'université, l'accession du Québec à l'indépendance entraînerait une foule de difficultés.

Ah! les études. Il y a eu le «budget de l'an 1», de Jacques Parizeau, en 1973. Sous le gouvernement Lévesque, plusieurs recherches ont été menées sous la direction de l'économiste Bernard Bonin. M. Bonin est plus tard devenu numéro 2 de la Banque du Canada tandis que son adjoint, Mario Polèse, a publié l'an dernier un livre dans lequel il conclut que «l'option fédérale, sans vouloir l'idéaliser, me paraît aujourd'hui offrir plus de garanties de succès que l'option souverainiste».

Au lendemain de l'échec de l'Accord du lac Meech, en 1990, la commission Bélanger-Campeau a commandé une douzaine d'analyses, la plupart sur l'impact de la souveraineté. À son tour, la Commission parlementaire d'étude des questions afférentes à l'accession du Québec à la souveraineté a reçu 67 études et exposés de spécialistes, portant sur une foule de questions: les frontières, les relations commerciales, le transfert des employés du gouvernement fédéral, l'impact de l'indépendance sur certaines industries, etc.

Après son arrivée au pouvoir en 1994, Jacques Parizeau a chargé son ministre Richard Le Hir de faire préparer de nouvelles études. L'affaire a dérapé. Les 37 documents ont finalement été publiés en catastrophe, deux jours avant le début de la campagne référendaire, et vite oubliés.

En 2001, le premier ministre Bernard Landry a ordonné une mise à jour des travaux réalisés 10 ans plus tôt. C'est dans la plus grande discrétion que, l'année suivante, le gouvernement rendait publiques 48 mises à jour.

Enfin, en 2005, le député François Legault a publié sa version du «budget de l'an 1», un document aux conclusions extraordinairement optimistes.

Paradoxalement, plus les péquistes étudient leur projet, moins ils le définissent clairement. Dans le projet de programme proposé à son parti par Mme Marois, on ne trouve plus un mot sur la forme que prendrait une éventuelle indépendance. Y aurait-il une union monétaire avec le Canada? Un parlement commun? Qu'arriverait-il si les négociations échouaient? Mystère. Devant ce flou considérable, c'est à se demander ce que les experts mandatés par Mme Marois étudieront exactement.