La pluie est républicaine et le soleil, démocrate! Cherchant à prédire le résultat des élections de mardi, aux États-Unis, les augures ont tranché. Ainsi, la pluie fait diminuer le taux de participation de 1% pour chaque 2,5 centimètres de précipitation (vrai). Or, cela favoriserait les républicains, puisque c'est de ce côté que l'électeur est le plus déterminé à aller voter, fut-ce contre vents et marées!

Mario Roy LA PRESSE

La pluie est républicaine et le soleil, démocrate! Cherchant à prédire le résultat des élections de mardi, aux États-Unis, les augures ont tranché. Ainsi, la pluie fait diminuer le taux de participation de 1% pour chaque 2,5 centimètres de précipitation (vrai). Or, cela favoriserait les républicains, puisque c'est de ce côté que l'électeur est le plus déterminé à aller voter, fut-ce contre vents et marées!

Et les astres révèlent encore bien d'autres signes peu favorables au parti de Barack Obama...

Les élections de mi-mandat, cette singularité de la démocratie américaine, mettent en jeu les 435 sièges de la Chambre des représentants et le tiers des 100 fauteuils du Sénat; les deux assemblées sont actuellement à majorité démocrate. Trente-sept postes de gouverneur sont aussi soumis aux urnes, notamment à New York et en Californie.

Traditionnellement, le parti au pouvoir à la Maison-Blanche perd à mi-mandat entre 20 et 25 sièges. Mais, cette fois, ce pourrait être 60... de sorte que, dans le pire cas, la double majorité au Congrès échapperait aux démocrates. Économie convalescente, chômage tout juste sous la barre des 10%, dette publique stratosphérique, douloureuse réforme de la santé, Afghanistan, birthers et Tea Party... tout accable la jeune administration du président Obama.

«Oui, nous pouvons!» disait celui-ci en 2008. «Oui, nous pouvons. Mais...» doit-il ajouter aujourd'hui, lui qui a déçu non seulement les électeurs de son pays, mais tous ceux qui, dans le monde entier, avaient placé en lui des espoirs complètement fous.

* * *

Qu'est-il arrivé à Barack Obama entre le 4 novembre 2008, moment où il est élu, et le 20 janvier 2009, lorsqu'il entre à la Maison-Blanche?

Dès son discours inaugural et les premiers jours de sa présidence, en effet, tous ont senti chez lui une baisse de tension, d'assurance, de pouvoir de persuasion, par rapport à ce qu'on avait vu au cours des primaires et de la campagne électorale. Même son sens de l'humour s'est figé, comme on a pu le voir lors de sa prestation au Daily Show de Jon Stewart. Et son génie du verbe s'est brouillé, perdant de son effet.

Tout cela est de l'ordre du symbole, certes, mais les symboles comptent...

Au moment de voter, mardi, les Américains devraient plutôt prendre conscience que, la politique, c'est l'art du possible. Et que, cela étant, Obama s'est plutôt bien battu contre les monstres - économiques, militaires, budgétaires, fiscaux - lâchés lousses par l'administration précédente. Surtout, ils devraient réfléchir aux dangers d'une prise de contrôle du Congrès par un parti squatté par une sorte de droite inédite. Une droite hallucinée et simpliste, ignare et entêtée.

Barack Obama n'a pas mérité ça. La nation américaine, non plus.