On dit de Gregory Alexandre qu'il est très low profile, qu'on l'entend rarement, sauf quand il rit. «Il est toujours d'humeur égale, il a un bon sens de l'humour, il n'a aucune méchanceté, sauf sur le terrain, évidemment. Il est comme un grand frère pour les autres», nous dit Denis Touchette, le responsable de la défense chez les Carabins de l'Université de Montréal.

Ronald King LA PRESSE

C'est très bien ainsi. À 6'3 et 285 livres, on n'aimerait pas qu'il ait mauvais caractère.

À sa quatrième année comme partant, Alexandre sera un joueur très en vue dans le circuit universitaire à l'automne. Plaqueur, les dépisteurs de la LCF ont l'oeil sur ce joueur costaud, agile, mobile, qui fait 4,9 secondes sur 40 verges. On ne lui donnerait pas 285 livres, d'ailleurs. Il n'a pas de graisse superflue, c'est un bloc très compact, qui sourit et rit facilement.

«Gregory Alexandre a grandi à Montréal-Nord dans un environnent qui aurait facilement pu le mener dans d'autres domaines que le sport. À 15 ans, il s'est joint aux Cougars de Saint-Léonard, une équipe du football civil qui parcourt les écoles du nord de la ville pour recruter des athlètes.

«Après, je suis allé au cégep du Vieux-Montréal. J'étais un bon athlète, et au Vieux, j'ai appris à jouer au football.»

À Montréal-Nord, Alexandre a eu la chance d'avoir un frère aîné qui a joué au basketball à l'Université Northern Michigan. Quand on lui demande ce qu'il aimerait faire dans la vie, s'il n'est pas footballeur professionnel, Gregory répond: «J'aimerais être intervenant parmi les jeunes, comme mon frère le fait à la Maison des jeunes de Saint-Eustache. Il est aussi entraîneur adjoint d'Olga Hrikac à l'UQAM.

«Je jouais beaucoup au basketball moi aussi, mais mon frère m'a conseillé de me concentrer sur un sport. Et comme la Ligue canadienne est plus accessible que la NBA, on a choisi le football.»

C'est bien d'avoir un grand frère, non? Gregory vit d'ailleurs avec son unique frangin et sa mère à Rivière-des-Prairies.

Qu'est-ce que tu aimes du football?

«Les contacts.»

Tous les jeunes footballeurs répondent la même chose: les contacts. Ce qui est bon quand on est plaqueur au milieu de huit ou neuf hommes imposants qui se foncent dedans.

«Je suis bien sur le terrain de football. J'aime l'action, le stress, les papillons dans le ventre... Je peux laisser échapper ma rage, mes frustrations... En dehors du terrain, je n'aime pas attirer l'attention. Je ne veux jamais être le centre d'attraction dans un groupe.»

D'où le grand frère toujours discret et de bonne humeur.

Denis Touchette a confiance que son protégé - il l'était déjà au Vieux-Montréal - convaincra les pros qu'il est un joueur de ligne défensive et non pas offensive comme de nombreux joueurs canadiens.

«Il a les outils d'un plaqueur. Et puis il aime s'entraîner, il aime travailler sur ses faiblesses. On lui a parlé d'amélioré sa souplesse et il a travaillé là-dessus pendant tout l'été.

«Lors du dernier match Est-Ouest, où les joueurs qui seront admissibles au repêchage de la LCF s'affrontent, il a été dominant.»

À surveiller donc, le numéro 91 des Carabins. L'équipe disputera d'ailleurs son premier match de la saison jeudi le 2 septembre au CEPSUM. Déjà. Le sport scolaire est de retour.