Dès qu'a été diffusée la nouvelle de l'assaut israélien contre une flottille de militants propalestiniens, les condamnations ont fusé. Le président français, Nicolas Sarkozy, a déploré la force «disproportionnée» employée par les Israéliens. Le premier ministre britannique, David Cameron, a jugé le raid «complètement inacceptable». Le Haut commissariat aux droits de l'homme de l'ONU s'est dit choqué «que l'aide humanitaire fasse l'objet d'une telle violence».

André Pratte LA PRESSE

Dès qu'a été diffusée la nouvelle de l'assaut israélien contre une flottille de militants propalestiniens, les condamnations ont fusé. Le président français, Nicolas Sarkozy, a déploré la force «disproportionnée» employée par les Israéliens. Le premier ministre britannique, David Cameron, a jugé le raid «complètement inacceptable». Le Haut commissariat aux droits de l'homme de l'ONU s'est dit choqué «que l'aide humanitaire fasse l'objet d'une telle violence».

Nombreux sont ceux qui ont trouvé bien timides les réactions du Canada et des États-Unis, ces deux alliés d'Israël insistant sur la nécessité d'une enquête qui permettrait de savoir ce qui s'est vraiment passé à bord du Mavi Marmara. «Nous demandons aux États et aux organisations internationales de ne pas porter un jugement hâtif avant que toute l'information soit connue», a déclaré mercredi le ministre d'État aux Affaires étrangères du Canada, Peter Kent. À la lumière des versions contradictoires exposées jusqu'à maintenant, il faut convenir que l'appel de M. Kent est empreint de sagesse.

Rapatriés en Turquie, les militants de la «flottille de la liberté» ont soutenu que le commando israélien s'était mis à tirer en leur direction avant même d'aborder le principal navire. Ils ont parlé de «massacre», affirmant avoir été victimes de brutalité.

L'armée israélienne rétorque que ses soldats ont d'abord tiré des balles de peinture afin de disperser les militants. À leur arrivée sur le navire, ils auraient été accueillis par des coups de barres de fer et de couteaux; c'est pour se défendre qu'ils auraient eu recours à de vraies munitions, avec les résultats tragiques que l'on sait.

Les images de l'incident diffusées jusqu'à maintenant, la plupart par les autorités israéliennes, tendent à confirmer leur version. On voit bel et bien des passagers frapper les soldats, à coups de longs bâtons et de chaises. Ces «pacifistes» paraissent bien violents.

Nous assistons bien sûr à deux campagnes de propagande. Seuls une étude de toutes les images disponibles et l'interrogatoire de tous les témoins pourraient permettre de tirer les choses au clair. C'est pourquoi, dans l'intérêt de toutes les parties et de la paix dans la région, une enquête impartiale s'impose.

Cette enquête ne peut pas être celle annoncée par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, qui a d'ores et déjà qualifié le raid israélien de «scandaleux». Elle ne peut pas non plus être celle qu'envisage le gouvernement Nétayahou, car celui-ci serait alors juge et partie. Est-il possible de trouver une personne crédible aux yeux de toutes les parties, qui pourrait être assistée de représentants israéliens et turcs?

Jusqu'à ce que les faits soient clairement établis, la condamnation d'Israël pour le «massacre» des militants propalestiniens est prématurée.